"La police a un problème de profilage ethnique"

La police nie viser les hommes de couleur. Mais à la suite de l’incident avec Zouzou Ben Chikha survenu dimanche 13 décembre, après une longue série d’autres interventions sur une courte période, elle ne peut plus que prendre conscience de l’existence d’un problème et intervenir, disent certains experts.

Le comité P cherche à savoir si Zouzou Ben Chikha (photo), l’acteur de Bevergem, a été traité correctement lors d’une fouille effectuée à Gand, dimanche 13 décembre à midi. Ben Chikha a été maintenu debout, dans un véhicule anonyme, par une patrouille qui trouvait que l’acteur avait un comportement suspect.

Selon la police gantoise, il aurait "regardé dans des véhicules" et, avec son imperméable, sa capuche et son sac à dos, il avait l’air suspect. D’après Ben Chikha, l’intervention se serait déroulée de manière violente et irrespectueuse.

C’est l’un des nombreux incidents, en peu de temps, impliquant la police et de (jeunes) hommes de couleur. Au début du mois, le spécialiste du djihadisme Montasser AlDe’emeh a été arrêté à Bruxelles parce qu’il filmait des postes de sécurité.

A Courtrai, quelques adolescents ont été maintenus au sol sans ménagements parce que la police pensait qu’ils s’apprêtaient à voler un vélo. Un étudiant anversois a été arrêté et rudoyé parce que, à l’occasion d’un événement sur les réseaux sociaux, il avait mis sur Twitter une plaisanterie bien plus transparente que grossière. Ce ne sont là que quelques exemples.