Le gouvernement Michel boucle une série de dossiers avant les fêtes

Le gouvernement fédéral s'est accordé mardi sur une série de dossiers importants avant le congé de fin d'année. Le Plan stratégique de la Défense, longuement discuté, a enfin été approuvé. Il prévoit 9,2 milliards d'investissement d'ici à 2030 et la réduction des effectifs à 25.000 équivalents temps plein.

Autre dossier résolu: la mise en oeuvre de l'accord du groupe des 10. Le gouvernement appliquera intégralement le volet relatif à la remise au travail des malades de longue durée même si des propositions de "responsabilisation" seront formulées et discutées avec les partenaires sociaux.

A la suite de l'arrêt du Conseil d'Etat sur les caisses intelligentes dans l'horeca, la législation sera revue afin d'exempter de cet équipement les établissements dont le chiffre d'affaires en alimentation est inférieur à 25.000 euros.

"La capacité de travailler en équipe de ce gouvernement permet de faire avancer les dossiers et nous met en bonne position pour commencer 2016", s'est réjoui le premier ministre, Charles Michel (MR).

Le gouvernement veut mobiliser 2.500 policiers de plus sur le terrain

Le gouvernement fédéral s'est accordé mardi sur la définition des missions de la police. Son ambition est de mobiliser 2.500 hommes de plus sur le terrain, a expliqué le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA).

Parmi les nouveautés, figure la création d'une "Direction Surveillance et Protection", forte de 1.660 équivalents temps plein. Ce corps sera composé de 1.220 personnes issues de la Défense, 400 de la Justice (l'actuel corps de sécurité) et 40 agents de sécurité affectés actuellement à l'aéroport de Bruxelles.

Ce corps sera chargé de la surveillance statique de bâtiments, des infrastructures critiques et d'institutions internationales en cas de niveau 3 ou plus de menace, ainsi que des escortes protocolaires et du renfort à la police locale pour la police des cours et tribunaux.
Certaines tâches deviendront payantes ou plus chères, par exemple l'accompagnement du transport de fonds qui sera facturé au prix plein, la surveillance des centrales nucléaires ou la formation de chiens policiers privés.

Une collaboration "plus efficace" avec le secteur privé sera mise en oeuvre pour la surveillance de certaines zones ou de certains événements particuliers et le recours aux chiens (patrouille, détection de drogue, etc.).

Quant aux catégories de personnes ayant accès aux images en temps réel, elles seront étendues.

Certaines activités seront sous-traitées, comme le signalement des accidents sur les autoroutes, le traitement des PV de circulation et la gestion des caméras fixes ou le service postal interne à la police.
La police à cheval sera réduite à deux pelotons (environ 80 cavaliers).

9,2 milliards pour la Défense mais les effectifs vont fondre

L'armée belge verra ses effectifs fondre à 25.000 hommes d'ici 2030, en vertu du "plan stratégique" pour la Défense approuvé mardi par le comité ministériel restreint, alors que 9,2 milliards d'euros seront consacrés à des investissements majeurs, comme 34 nouveaux avions de combat, deux frégates, six chasseurs de mines et six drones, a annoncé le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), évoquant la fin des "dividendes de la paix" engrangés après la fin de la Guerre froide.

"La Défense évoluera vers des effectifs en personnel de 25.000 équivalents temps plein, avec une moyenne d'âge de 34 ans (contre 40 actuellement) en engageant une modernisation de la politique du personnel, du statut, de la formation et de la gestion de la connaissance au sein de l'organisation", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Le département de la Défense occupe encore en théorie quelque 32.000 militaires et civils, avec un contingent fixé pour 2016 à 30.820 militaires d'active et élèves.

Les 9,2 milliards d'euros d'investissements serviront à l'achat de 34 chasseurs-bombardiers - pour succéder aux 56 F-16 vieillissants actuellement en service -, de deux frégates (destinées à remplacer les bâtiments rachetés d'occasion aux Pays-Bas) au début des années 2000, six chasseurs de mines - un nombre identique à la flotte actuelle - et six drones, dont deux en 2021 et quatre en 2030. Aucun choix de matériel n'a encore été fait.

Ces investissements à réaliser d'ici 2030 concernent les dimensions terrestre, aérienne, maritime et Cyber/Intelligence de la Défense, ajoute le communiqué.

"La composante Terre sera pleinement équipée pour pouvoir assurer ses tâches", a précisé M. Vandeput (N-VA).
Selon lui, l'objectif est de parvenir à une répartition saine entre les dépenses de personnel (50%), de fonctionnement (25%) et les investissements (25%).

La Défense va aussi étudier la participation à un programme d'avions ravitailleurs - une des grandes lacunes des armées européennes - et examiner des options pour la flotte d'"avions blancs" (pour le transport de passagers), en raison du retrait prévu du service du dernier Mystère 20 fin 2016 et de l'unique Falcon 900 en 2018, tout comme pour la mission de recherche et de sauvetage ("Search and Rescue", SAR) actuellement assurée par les vieux hélicoptères Sea King et les nouveaux NH90 au départ de la base aérienne de Coxyde.

Evoquant une augmentation d'ici 2030 des dépenses de défense à 1,3% Produit intérieur brut (PIB) - elles sont tombées à un minimum historique de moins d'un pour cent, là où l'Otan réclame 2% de ses Etats membres -, M. Vandeput n'a pas hésité à évoquer un "nouvel avenir pour la Défense" et un "tournant historique" après les décennies de réduction des budgets militaires, notamment grâce aux dividendes de la paix générés par la fin de la Guerre froide.
Selon l'analyse faite par le gouvernement, le monde en effet fortement changé au cours des dernières années, avec une Europe entourée d'une "périphérie instable" à l'est, avec une Russie plus agressive, et au sud, théâtre de crises multiples.

"L'Europe ne peut nier ces problèmes, d'une perspective humaine, économique et de sécurité et doit être en mesure de les traiter de manière autonome par rapport aux autres acteurs mondiaux, à la fois politiquement, économiquement et militairement", souligne le communiqué de la Défense, qui réaffirme que la Belgique souhaite se positionner comme un partenaire "solidaire et fiable".

Selon M. Vandeput, il reste, après cet accord obtenu entre les principaux ministres sur les contours de l'armée belge à l'horizon 2030, "beaucoup de pain sur la planche".

Il a expliqué qu'il allait, en coopération avec l'état-major de la Défense, établir dans les prochains mois un "plan directeur" de mesures à exécuter au cours de l'actuelle législature, qui doit se terminer en 2019.

"Nous allons entamer plusieurs procédures d'appel d'offres afin de concrétiser dans des contrats les décisions du gouvernement", a conclu le ministre.

LEFEVRE