"Dieu est venu vers nous sous la forme d'un étranger qui n'est pas accueilli"

Au cours de sa première messe de minuit comme archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Jozef De Kesel a prononcé son homélie vendredi en la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule à Bruxelles en comparant la naissance de l’enfant Jésus avec celle de l’arrivée des réfugiés.

"Dieu est venu vers nous. C'est là le vrai sens de Noël", a déclaré le nouvel archevêque. "Il ne s'est pas fait connaître en faisant montre de puissance et de richesse. Il l'a fait sous la forme d'un enfant pour lequel il n'y a pas de place. Sous la forme d'un étranger qui n'est pas accueilli."

Pour le primat de Belgique, si Luc raconte que Jésus est né au moment où se tenait un recensement, ce n'est pas par hasard. "Dès le début de son Evangile, il apparait ainsi clairement combien le contraste est grand entre l'empereur qui calcule son pouvoir et celui que Dieu nous donne pour être le pasteur et le sauveur de son peuple."

L'enfant qui est né à Bethléem est "d'un genre bien particulier", a poursuivi Mgr De Kesel. Toute sa vie, il restera un étranger. "Il ne finira pas comme un vainqueur, mais comme un condamné, cloué au pilori."

"Ne fermons pas nos portes"

Alors que Dieu a souhaité vivre parmi les hommes plutôt qu'au-dessus d'eux, "solidaire avec ceux qui ne comptent pas", il nous a donné "le pouvoir de devenir ses enfants".

"Alors, ne fermons pas nos portes et ne protégeons pas notre avoir et nos frontières", a conclu le successeur de Mgr Léonard, en référence implicite à la crise de l'asile actuelle. "Sinon, il risque de faire bien froid. Un monde dur, chacun pour soi, indifférent à ceux qui ceux dehors."