"Il aurait été totalement irresponsable d’empêcher le passage au niveau 4"

"Il aurait été totalement irresponsable d’empêcher le passage au niveau d’alerte 4" a déclaré le patron de la Sûreté de l’Etat, Jaak Raes, dans une interview publiée ce samedi dans le quotidien de Standaard. "Tout le monde, au sein Conseil de sécurité national, savait à quel point l'information d'une attaque imminente était concrète".

Le patron de la Sûreté de l’Etat se trouvait à Paris au moment des attentats du 13 novembre. Lorsqu’il apprit la nouvelle, il n’était alors pas encore question d’un lien avec la Belgique. Cela changera le lendemain après-midi.

"Je suis immédiatement rentré en Belgique pour assister au Conseil de sécurité national. Inutile de vous dire que l’ambiance y était toute différente de celle qui régnait il y a un an lorsque nous avions empêché un attentat à Verviers".

"A Verviers, nous avions pu prévoir ce qui allait se passer, pas à Paris"

"Nous avions pu prévoir ce qui allait se passer à Verviers mais pas à Paris. Pourtant nous savions que Verviers n’était que le sommet de l’iceberg".

Selon Jaak Raes, les terroristes ont tiré de nombreuses leçons de ce qui n’avait pas marché pour eux il y a un an.

"C’est ainsi qu’à Verviers, les terroristes étaient tous rassemblés dans une même maison, ceux de Paris venaient d’un peu partout. Par ailleurs, la planification des attentats de Paris s’est faite en dehors de la capitale française. Je me demande même si ces terroristes se connaissaient entre eux".

Des indices prouvent aussi que les terroristes ont utilisé des moyens de communication sophistiqués pour que les services de renseignement ne puissent pas les écouter. "Pas seulement nos services mais même les très puissants services de renseignement étrangers ont été impuissants face à cela".

Même si Jaak Raes lance un appel à relativiser le danger, il ajoute que nous devrons rester vigilants en 2016. "Nous redoutons que le phénomène des cellules dormantes de djihadistes qui peuvent être activées depuis la Syrie ne s’étende dans toute l’Europe occidentale donc aussi en Belgique".

Mais il ajoute que le dynamisme de de la société occidentale est trop élevé pour pouvoir être détruit par Daech.

Le patron de la Sûreté balaie d’un revers de la main les critiques sur le fait d’avoir relevé le niveau de sécurité à 4 à Bruxelles. "Cette décision a été prise en connaissance de cause" conclu-t-il.

Tous les responsables de l’Etat belge étaient présents au Conseil national de sécurité lorsque l’on a été informé d’une attaque imminente. Tout le monde savait à quel point cette informations était concrète. Cela aurait été totalement irresponsable si quelqu’un avait essayé d’empêcher le passage au niveau 4. Il n’y a eu aucune arrière-pensée politique".