Jozef De Kesel critiqué pour ses déclarations sur l’euthanasie

Dans une interview accordée ce week-end au quotidien limbourgeois Het Belang van Limburg, le nouvel archevêque de Malines-Bruxelles et nouveau primat de Belgique Jozef De Kesel (68 ans, photo) déclarait que les hôpitaux catholiques ont le droit de refuser de pratiquer l’avortement ou l’euthanasie. Ces propos sont notamment jugés "étranges" par le professeur Wim Distelmans, président de la Commission fédérale Euthanasie.

Le Gantois Jozef De Kesel, ancien évêque de Bruges et archevêque de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles depuis le 6 novembre dernier, qui succédait il y a deux semaines au primat de Belgique André Léonard, a accordé une interview au quotidien limbourgeois Het Belang van Limburg, publiée dans l’édition de ce week-end. Il y répond notamment à des questions concernant son point de vue sur des domaines éthiques tels que l’euthanasie et l’avortement.

"Je peux comprendre que quelqu’un qui a un mode de vie laïque n’éprouve pas de problème à ce sujet", répondait De Kesel. "Mais du point de vue de ma foi ce n’est pas évident. Je pense que j’ai le droit de dire cela, et davantage encore : je trouve qu’au niveau institutionnel nous avons aussi le droit de décider que nous n’allons pas pratiquer l’euthanasie et l’avortement. Je pense notamment aux hôpitaux catholiques. On n’est pas libre de choisir lorsqu’il n’y a qu’une option de choix", précisait le primat de Belgique.

"J’espère qu’il en restera là"

Cette déclaration de l’archevêque de Malines-Bruxelles a suscité de vives réactions. A commencer par celle du professeur Wim Distelmans (photo), président de la Commission fédérale Euthanasie. "Je trouve étrange que Monseigneur De Kesel estime que les hôpitaux ont le droit d’adopter leur propre point de vue moral, alors qu’ils sont des institutions publiques. Qu’ils soient catholiques ou pas, ils sont financés par de l’argent public", déclarait à la VRT le professeur Distelmans, connu comme défenseur du droit à l’euthanasie.

"Je trouve aussi étrange que les médecins soient limités dans leur liberté de conscience morale. J’ai le plus grand respect pour les médecins qui ne veulent pas pratiquer l’euthanasie, mais ils ne peuvent pas y être obligés par l’une ou l’autre institution".

Wim Distelmans affirme que dans les institutions catholiques on pratique déjà des "manœuvres de retardement" en matière d’euthanasie. "On affirme par exemple qu’une demande d’euthanasie doit d’abord être soumise à une commission éthique, ce qui n’est absolument pas stipulé dans la loi sur l’euthanasie".

Le professeur qualifie les déclarations de Jozef De Kesel de "faux pas" et espère que le nouvel archevêque "en restera là".

"Les hôpitaux catholiques doivent suivre la loi"

Le parlementaire flamand Jean-Jacques De Gucht (Open VLD, photo) réagissait également dans les colonnes du quotidien De Standaard. "Les institutions catholiques vivent de subsides et doivent suivre la loi", estime-t-il.

Quant à Valerie Van Peel, députée N-VA à la Chambre, elle parle d’une "erreur grave de raisonnement". Et d’expliquer : "Un médecin ne peut pas être contraint à pratiquer l’euthanasie, mais chaque institution doit donner la possibilité aux patients qui pourraient recevoir l’euthanasie d’en bénéficier".

Van Peel précise que le parti nationaliste flamand n’a pas l’intention de modifier la législation concernant l’avortement ou l’euthanasie.