Des attentats à Bruxelles pour le Nouvel An déjoués?

Dans le cadre d’une enquête de terrorisme, qui ne serait pas liée aux attentats du 13 novembre à Paris, deux personnes ont été placées sous mandat d’arrêt à la suite de perquisitions menées dimanche 27 et lundi 28 décembre en Région bruxelloise, en Brabant flamand et à Liège. Elles auraient planifié des attentats dans des lieux emblématiques de la capitale, pendant les fêtes de fin d’année. C’est ce qu’a indiqué le parquet fédéral dans un communiqué. D'autre part, le niveau d'alerte terroriste pour les militaires et policiers en uniforme à Bruxelles a été relevé de 2 à 3.

D’après le communiqué du parquet fédéral, l’enquête de terrorisme a permis de "mettre en lumière des menaces sérieuses d'attentats qui viseraient plusieurs lieux emblématiques de Bruxelles et seraient commis durant les fêtes de fin d'année". Plusieurs perquisitions ont été exécutées les dimanche 27 et lundi 28 décembre en Région bruxelloise, dans le Brabant flamand et à Liège, à la demande d’un juge d’instruction de Bruxelles spécialisé en matière de terrorisme.

Six personnes ont été emmenées pour audition, parmi lesquelles deux ont été placées sous mandat d'arrêt: "la première du chef de menaces d'attentats, de participation aux activités d'un groupe terroriste en qualité de dirigeant et de recrutement en vue de commettre des infractions terroristes, comme auteur ou coauteur, et la seconde du chef de menaces d'attentats et de participation aux activités d'un groupe terroriste, comme auteur ou coauteur", précise le parquet fédéral.

Les quatre autres personnes entendues ont été remises en liberté.

Ni arme, ni explosif n'ont été découverts lors des perquisitions. Mais du matériel informatique, des tenues d'entrainement de type militaire et du matériel de propagande de l'Etat islamique ont été saisis et sont actuellement en cours d'examen, précisait le parquet fédéral.

Dans l'intérêt de l'instruction et des devoirs d'enquête en cours, le parquet ne souhaite pas fournir davantage de détails concernant les personnes arrêtées. "Aucun autre renseignement ne sera donné pour le moment", conclut-il.

Niveau d’alerte 3 pour les commissariats bruxellois

Il y aurait une "menace possible et vraisemblable, du même type que les attentats de Paris" concernant le commissariat général de la police de Bruxelles situé à proximité de la Grand-Place, mais aussi  les militaires (en uniforme sur la voie publique) et les policiers en uniforme dans l'agglomération bruxelloise", peut-on lire dans une note interne de la zone de police BruNo (Schaerbeek, Evere, Saint-Josse), datée de lundi et consultée par l'agence Belga.

Cette nouvelle évaluation de l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam), qui définit ces endroits et personnes comme nouvelles cibles potentielles d'attentats, justifie sa décision de relever le niveau d'alerte de 2 à 3 pour "les policiers et les militaires en service dans l'agglomération bruxelloise, ainsi que pour les commissariats et plus spécifiquement celui de la rue Marché au Charbon", précise la note interne.

Cette hausse ciblée du niveau d'alerte est immédiatement d'application et court jusqu'au 4 janvier, alors que l'ensemble du territoire belge est à ce même niveau de menace (3) depuis des semaines. Les mesures concrètes supplémentaires qui en découlent pour les commissariats de police, "conformément à la directive de la DG Centre de Crise" qui a suivi la nouvelle évaluation de l'Ocam, sont listées dans la note de la zone de police BruNo.

Selon la note interne de la ZP BruNo, il a notamment été décidé que les agents de police sortiront toujours accompagnés d'un collègue armé (ou seul, en civil et armé pour les agents de quartier), ou encore que le personnel opérationnel pourra garder son arme de service pendant les déplacements domicile-travail (après demande au chef de corps).

Une Quick Repsonse Team (QRT) sera prête en permanence à aller prêter main forte à une patrouille sur le terrain, tout en restant disponible pour l'ensemble de la Région bruxelloise "en cas de menace ou situation terroriste". Les déplacements de service seront limités, et les missions et actions de contrôle non-urgentes ou non-prioritaires seront abandonnées. Les unités qui ne sont pas équipées d'un sas de sécurité seront obligatoirement fermées à clef.

Dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris du 13 novembre, neuf personnes ont déjà été inculpées en Belgique, mais plusieurs suspects restent introuvables. A commencer par Salah Abdeslam - dont le frère Brahim s'est fait exploser devant un bar le 13 novembre au soir -, et son ami Mohammed Abrini, qui l'aurait accompagné dans la capitale française deux jours avant les attaques.