Plainte contre une maison de repos qui a entravé l’euthanasie

La direction d’une maison de retraite catholique située à Diest (Brabant flamand) devra comparaître devant un tribunal pour avoir refusé l’accès à un médecin qui venait pratiquer une euthanasie. Les proches de la patiente en phase terminale de cancer (photo principale) ont porté plainte contre la maison de soins, indiquent les quotidiens De Morgen et Het Laatste Nieuws ce samedi.

La patiente de 74 ans qui résidait à la maison de repos et soins Sint-Augustinus, à Diest en Brabant flamand, était en phase terminale d'un cancer métastasique. Elle avait formulé sa demande d'euthanasie en 2011 et celle-ci était en ordre après une procédure longue de six mois.

La maison de soins catholique a cependant refusé d'accueillir le médecin qui devait pratiquer l'acte dans ses murs. La patiente a dès lors dû être transportée en ambulance à domicile afin de voir sa volonté exécutée.

La famille a depuis lors attaqué l'établissement car sa décision a eu pour conséquence d'encore aggraver les souffrances physiques et psychiques de la patiente. L'affaire atterrira devant le tribunal civil de Louvain en avril, après deux reports.

Selon les avocats de la famille, les médecins ont le droit d'invoquer l'objection de conscience contre l'euthanasie, à la différence des institutions de soins. Etant donné que la législation belge n’est pas claire sur tous les points, l’avocate de la famille espère plus de clarté dans la jurisprudence.

Zorgnet Vlaanderen, la coupole des établissements catholiques de soins, affirme ne pas donner d’instructions à des maisons de repos en matière d’euthanasie. Mais on y déclarait pouvoir imaginer « que la direction de l’établissement ait estimé qu’il était mieux que l’euthanasie soit donnée à domicile plutôt qu’en maison de soins, pour y préserver la sérénité ».

L’affaire remonte à 2011, mais elle revient dans l’actualité après que le nouveau primat de Belgique, Monseigneur Jozef De Kesel, ait estimé la semaine dernière que les hôpitaux catholiques avaient le droit de refuser de pratiquer l’euthanasie.