"Je ne suis pas pour une interdiction généralisée des exportations vers Ryad"

Geert Bourgeois (N-VA), le ministre-président flamand et ministre du Commerce extérieur n’est pas favorable à une interdiction généralisée des exportations d’armes ou pièces d’armes vers l’Arabie saoudite. Il a fait cette déclaration ce mardi lors de l’émission "De ochtend" sur Radio 1 (VRT).

Hier le ministre-président wallon Paul Magnette (PS) avait défendu le principe des ventes d’armes wallonnes à l’Arabie saoudite mais avait rapidement été critiqué par le socialiste flamand Dirk Van der Maelen qui a demandé l'ouverture d'une concertation entre les trois Régions sur le commerce des armes avec l'Arabie saoudite.

Le gouvernement wallon a accordé en 2014 pour près de 400 millions d'euros de licences de vente, dont la majorité portaient sur des armes à feu et des munitions, à destination de l'Arabie saoudite.

Le commerce des armes n’est plus une compétence fédérale mais régionale et pour la Flandre, c’est Geert Bourgeois qui en a la compétence.

Contrairement à la Wallonie, la Flandre n'exporte pas d’armes à feu mais des pièces d’armement ou du matériel militaire.

"Nous avons un très bon décret qui détermine ce que nous pouvons exporter et dans quel cas, c’est pas exemple lié au fait qu’un groupe de population pourrait être opprimé ou aux violations des droits de l’homme" explique Geert Bourgeois.

"Nous évaluons au cas par cas et en cas de doute je m’y oppose".

Geert Bourgeois n'a reçu en 2015 aucune demande d'exportation d'armes vers l'Arabie saoudite. En 2014, une demande pour des véhicules blindés a essuyé un refus, au contraire d'une commande de combinaisons contre les attaques chimiques, a détaillé le ministre-président flamand.

Les circonstances actuelles - le conflit au Yémen, les récentes exécutions de 47 personnes sur le sol saoudien - changent la donne, selon Geert Bourgeois. "Si je recevais une demande aujourd’hui je la considérerais de manière très critique et en cas de doute je ne donnerais pas mon autorisation. Dans les circonstances actuelles, il est très peu probable qu'une autorisation viendrait ".

Geert Bourgeois ajoute que "l’on examine en profondeur à qui sont destinées les pièces ou les équipements que nous exportons. Nous vérifions toujours qui est le destinataire final". Mais Geert Bourgeois rejette l'idée d'une interdiction généralisée des exportations.