La grève de 48 heures sur le rail touche surtout la Wallonie

La situation était contrastée mercredi matin sur le rail belge touché par une grève de 48 heures décrétée par les syndicats francophones. Ainsi, si 70% des trains circulent en Flandre, c'est le cas de seulement 15% d'entre eux sur les grands axes wallons.

La grève a démarré mardi soir à 22 heures et se poursuivra jusqu'a ce jeudi 7 janvier (jusqu'au dernier train).

Dans le nord du pays, ce sont surtout les liaisons de Wallonie vers la Flandre qui posent problèmes comme l'axe Anvers-Bruxelles ou Liège-Louvain-Bruxelles.

"Dans le sud du pays, les points noirs sont le Hainaut et le Namurois. Aucun train ne part de Tournai, de Mons, de Namur et de Charleroi vers Bruxelles. Certains trains partent de Liège vers la capitale, mais c'est très minime", précise la SNCB selon qui "la dorsale wallonne est à l'arrêt".

Cela dit de nombreuses personnes ont tenté malgré tout de prendre le train ce mercredi matin, notamment à Bruxelles-Midi comme l’a constaté la VRT.

De nombreuses personnes qui en avaient l'occasion ont aussi opté pour le télé-travail.
 

En paralysant une partie du rail, la CSC-Transcom et la CGSP-Cheminots entendent manifester leur mécontentement après l'échec des négociations sur le protocole d'accord social 2016-2018 et les mesures d'augmentation de la productivité dans les chemins de fer malgré les économies imposées par le fédéral.

Pour l’instant aucune action de sabotage n’a été signalée contrairement à ce qui s’était passé lors de la précédente grève du rail.

A Forest, le dépôt le plus important de matériel ferroviaire roulant pour le sud de la capitale, a été libéré mercredi matin à la suite d'un constat d'huissier. "Reste maintenant à voir si les conducteurs prendront leur service", a précisé Infrabel, le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire en Belgique.

Selon ce dernier, toutes les cabines de signalisation sont par ailleurs opérationnelles en Flandre et "une grande majorité" d'entre elles fonctionnent au sud du pays, le Hainaut constituant à cet égard le principal point noir.

Quant au trafic, 4 trains sur 10 circulent sur les grands axes au niveau national, "ce qui cache toutefois de grandes disparités régionales", a encore souligné Infrabel. "Jusqu'à 07h00, 7 trains sur 10 roulaient en Flandre et moins de 1 sur 10 - 8% - en Wallonie", a ajouté le gestionnaire ferroviaire.
 

La circulation des Thalys et des Eurostar affectée

A l'international, les premières perturbations se sont déjà fait sentir mardi soir sur le réseau Thalys puisque les trains reliant Bruxelles-Midi et Paris-Nord de 22h13 et Paris-Bruxelles de 21h25 ont été supprimés.

Mercredi, la circulation des Thalys sera complètement à l'arrêt, tandis que jeudi aucun train ne circulera à l'exception des Thalys Paris-Bruxelles de 20h25 et de 21h25.

La circulation des Eurostar est elle aussi perturbée, le dernier train à destination de Bruxelles ce mardi soir a été supprimé. Mercredi et jeudi, aucun train ne circulera entre Bruxelles et Lille, mais un service adapté reliera la capitale des Flandres et Londres.
Les trains TGV, ICE et EuroCity seront eux aussi affectés par la grève.

 

Bart De Wever réclame une scission du réseau ferré

"Est-ce nécessaire ou utile qu'une ligne aille d'Anvers à Charleroi et d'Ostende à Liège ? Si les cheminots font grève à Liège, en tant que Flamand vous avez un problème alors que vous voulez rejoindre Bruxelles depuis Gand", a déclaré le président de la N-VA et bourgmestre d'Anvers.

L'objectif de Bart De Wever? Éviter que les navetteurs flamands soient les victimes des grévistes wallons. "Chaque année, nous donnons 11 millions aux syndicats des chemins de fer pour maintenir la paix. Quel avantage avons-nous en retour? Une grève politique", a poursuivi le président de la N-VA.