De Block promeut l’utilisation de médicaments biosimilaires

La ministre de la Santé publique Maggie De Block (Open VLD, photo) a signé ce jeudi une convention avec le secteur médical et l’industrie pharmaceutique pour stimuler l’utilisation des médicaments biosimilaires. Ceux-ci sont des copies des médicaments biologiques dont le brevet est arrivé à échéance. Les médicaments biologiques sont des produits à base de protéines naturelles ou de fragments de protéines, contrairement aux médicaments classiques, qui sont préparés chimiquement. Ils sont surtout utilisés pour le traitement de maladies graves et chroniques.

Le processus des médicaments biologiques est particulièrement long et donc très onéreux, ce qui pèse sur le système de soins. Présentés comme de qualité équivalente, les biosimilaires peuvent coûter de 20 à 34% de moins que les originaux, indiquait une étude récente du Centre d'expertise en soins de santé.

La convention signée ce jeudi est un "gentlemen's agreement" invitant les médecins à "envisager en âme et conscience" la prescription d'un biosimilaire, à chaque fois que cela est possible, tout en conservant leur liberté thérapeutique, a indiqué la ministre Maggie De Block. Le texte s'inscrit dans le cadre du Pacte d'avenir conclu en juillet dernier avec l'industrie pharmaceutique, qui prévoit d'offrir des perspectives aux biosimilaires par des mesures négociées et ciblées.

La convention entre en vigueur avec effet rétroactif le 1er janvier, avec des objectifs pour les biosimilaires de l'EPO (traitement de la baisse du taux de globules rouges), du filgrastim (traitement de la baisse du taux de globules blancs) et de l'infliximab (traitement, notamment, de l'arthrite rhumatoïde, du psoriasis et de la maladie de Crohn).

Un groupe de travail assurera un suivi permanent de la consommation de ces trois biosimilaires. Une première évaluation générale est prévue le 1er juillet prochain. "S'il apparaît à ce moment-là que la consommation d'un ou plusieurs de ces biosimilaires n'a pas augmenté, des mesures législatives suivront pour atteindre les objectifs", a annoncé la ministre de la Santé publique.

Les biosimilaires dans les hôpitaux

Maggie De Block a insisté sur la nécessité d'adopter les biosimilaires dans les hôpitaux. Alors que leur utilisation y est fréquente dans les autres pays de l'Union européenne, ce n'est pas le cas en Belgique qui rate, selon elle, une opportunité de dégager suffisamment de marges dans le secteur des médicaments pour favoriser l'innovation. La situation belge s'explique en partie par le système de financement des hôpitaux que la ministre s'apprête à revoir.

Par ailleurs, les biosimilaires restent encore trop souvent accueillis avec scepticisme par les médecins et pharmaciens cliniques belges, alors que leur efficacité et sûreté ont été démontrées, les normes encadrant ces produits étant tout aussi strictes que pour les autres médicaments, a argumenté la ministre fédérale.

La part de marché moyenne dans l'Union européenne s'élève à 43% pour le biosimilaire de l'EPO et à 81% pour celui du filgrastim. Cette part de marché s'élève respectivement à 0 et 2% dans les hôpitaux belges, selon la Commission européenne.