Des cours de respect des femmes seront donnés aux migrants

Le Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration (photo principale) va introduire des cours sur la manière de se comporter avec les femmes et de les respecter, à l’adresse des migrants. Theo Francken (N-VA) affirmait à la VRT que c’est "absolument nécessaire", étant donné "le nombre élevé de jeunes hommes isolés qui arrivent en Belgique et qui proviennent d’une culture où les contacts avec les femmes sont totalement différents qu’en Occident".

Le cours destiné aux demandeurs d’asile arrivés récemment en Belgique leur expliquera les principes de base des contacts entre hommes et femmes. "Il s’agit d’une série de règles sur la façon de se comporter de façon générale et sur le plan sexuel avec les femmes dans notre culture occidentale", précisait Theo Francken.

"On leur expliquera notamment qu’il est normal, chez nous, que les femmes aillent travailler et qu’elles votent. Mais aussi qu’elle peuvent se promener en rue avec des vêtements courts et que les attouchements ne sont pas permis" sans leur consentement.

"Nous allons copier le modèle norvégien et introduire ces cours dans les prochaines semaines dans tous nos centres d'accueil pour demandeurs d’asile", expliquait encore le Secrétaire d'Etat, qui précise que "cela se fait déjà çà et là", comme notamment au centre d’accueil de Kapellen (photo). Le cours sera surtout destiné aux hommes, mais les femmes y apprendront aussi quels sont leurs droits en Belgique.

Els Keytsman, directrice de l’organisation pour réfugiés Vluchtelingenwerk Vlaanderen, estime que ce cours est une bonne idée. Elle plaide aussi en faveur d’un cours général sur la façon de se comporter en société.

"Ne pas céder sur nos valeurs de base"

"Les droits des femmes sont aussi repris dans les traités sur les Droits de l’homme. Mais qui les lit ? On ne peut pas s’attendre à ce que les demandeurs d’asile connaissent ces droits lorsqu’ils arrivent chez nous. Il s’agit souvent de personnes qui ont une éducation de base, qui sont analphabètes aussi. Il faut leur expliquer les principes de notre société. J’estime que nous devons défendre plus durement l’essence de notre Etat de droit démocratique".

Le cours ne stigmatisera en tous cas aucun groupe de population. "Ce n’est certainement pas le but3. Theo Francken reconnait cependant que des incidents se sont déjà produits. "Hier j’ai dû renvoyer un Afghan à la suite de l’agression sexuelle d’une fillette de 11 ans. Ce n’est pas un phénomène régulier, mais je ne serais pas fidèle à la réalité si j’affirmais qu’il n’y a pas d’incidents'.

Theo Francken ajoute qu'il a créé un groupe de travail avec le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), qui débouchera sur de nouvelles mesures concrètes pour faire face aux éventuels incidents dans les centres d'accueil.

Sujet abordé aussi dans les classes pour mineurs d’âge

Dans les cours d’éducation sexuelle prévus pour les classes d’accueil d’enfants réfugiés, une attention particulière est aussi portée à la manière dont les garçons doivent se comporter avec les filles, précise la ministre flamande de l’Enseignement, Hilde Crevits (CD&V, photo).

Elle insiste aussi pour que ces cours mettent l’accent sur le respect envers les femmes. A l’heure actuelle, plus de 3.300 enfants de réfugiés suivent les cours des classes d’accueil dans l’enseignement secondaire.

Quant à Sensoa, le Centre flamand d’expertise sur la santé sexuelle, il a élaboré un site internet en plusieurs langues, qui donne des explications sur le corps humain et la sexualité.