Les bombes utilisées à Paris confectionnées à Schaerbeek

Les ceintures d'explosifs portées par les auteurs des attentats de Paris en novembre dernier auraient été confectionnées dans un appartement de la commune bruxelloise de Schaerbeek. Les enquêteurs pensent que le lieu, qui a été loué par un suspect actuellement sous mandat d'arrêt, a également servi de planque à Salah Abdeslam après les attentats.

D’après la chaîne américaine CNN et le quotidien flamand De Standaard, l'atelier de confection des bombes a été découvert le 10 décembre dernier par les enquêteurs. L’appartement en question se situe rue Henri Bergé. L’homme qui le louait utilisait à cet effet une fausse identité.

Les enquêteurs ont trouvé des traces d'explosifs TATP, similaires à ceux utilisés à Paris, ainsi que trois ceintures cousues à la main et qui auraient pu être employées pour transporter des charges explosives. Les détonateurs auraient été ajoutés aux dispositifs explosifs dans un hôtel à proximité de Paris (Alfortville), où Salah Abdeslam avait réservé deux chambres.

Une empreinte digitale de Salah Abdeslam a également été découverte sur les lieux. Abdeslam est ainsi soupçonné de s’y être réfugié après les attaques du 13 novembre.

"Nous savions déjà que la dernière trace de Salah Abdeslam s’arrêtait à Schaerbeek, car c’est là qu’il a été déposé en voiture après les attentats. Cela pourrait signifier que l’appartement lui a servi de planque", indique la journaliste de la VRT Liesbeth Indeherberghe.

Les enquêteurs tentent à présent de savoir quand le terroriste présumé a pu passer dans cet appartement et combien de temps il a pu y rester. "Nous avons trouvé l'empreinte mais nous n'avons pas d'idée de quand elle a été laissée. Une empreinte ne comporte pas de date ou d'heure", explique un porte-parole du parquet, Eric Van Der Sypt. "Peut-être qu'il y est allé pour prendre sa ceinture (avant les attaques), ou bien il y est allé après. Je suppose que les deux hypothèses sont possibles".

Depuis les attentats de Paris, la justice belge a inculpé 10 personnes pour terrorisme, dont neuf sont toujours en détention préventive. Il s'agit d'hommes soupçonnés d'avoir aidé Salah Abdeslam dans sa cavale. Ce dernier, qui a selon les enquêteurs convoyé les kamikazes du Stade de France et peut-être renoncé à commettre un attentat dans le 18e arrondissement de Paris, reste introuvable depuis qu'il a été ramené à Bruxelles en voiture au lendemain des attaques qui ont fait 130 morts dans la capitale française.