"Chaque semaine, jusqu’à 250 familles expulsées"

En Flandre, entre 80 et 250 familles sont mises chaque semaine à la porte d’un logement sur ordre du juge de paix. C’est ce qui ressort de calculs réalisés par l’Université Catholique de Louvain, la KU Leuven, et OASeS, un centre de recherches du département de Sociologie de l’Université d’Anvers. En cause, le plus souvent, un retard de paiement de loyer. Les chercheurs s’inquiètent cependant de l’augmentation progressive du nombre d’expulsions.

Jana Verstraeten, chercheuse à l’Université Catholique de Louvain (KU Leuven) et au centre de recherches OASeS du département de Sociologie de l’Université d’Anvers, a rassemblé les chiffres auprès d’une soixantaine d’organisations. Elle a ainsi pu calculer que 80 à 250 familles se retrouvent chaque semaine à la rue, à la suite d’une expulsion de leur logement. Il s’agit aussi de familles avec enfants.

Ces chiffres sont repris dans l’édition de janvier du Guide dans le domaine social, sur le site www.beweging.net.

Les chiffres de l’Association des villes et communes flamandes (VVSG) indiquent que le nombre de procédures d’expulsion démarrées entre 2008 et 2013 a augmenté. En 2008, il s’agissait encore de 10.780 procédures, alors que cinq ans plus tard quelque 12.958 propriétaires ont entamé une procédure contre des locataires. D’après la VVSG, quelque 90% des procédures entraînent effectivement une expulsion.

Les causes de ces expulsions sont assez simples : les familles à salaires les plus bas qui louent un logement sur le marché privé ne disposent, dans 90% des cas, plus de suffisamment d’argent pour mener une existence décente après avoir payé leur loyer.

Le quotidien flamand De Standaard estime pour sa part que le pourcentage élevé d’expulsions de logements était tout à fait prévisible. "La pénurie de logements à prix abordables augmente, et les ménages qui figurent sur une liste d’attente pour un logement social doivent parfois patienter pendant 8 ans, alors que le coût de la vie augmente. Ce sont avant tout les salaires les plus bas qui en subissent les conséquences : trois quarts de leurs revenus sont parfois consacrés au loyer. Il est alors difficile de mener une vie décente".

Sur le marché du logement social, le problème est plus restreint. Il n’est concerné que par 10% du total des procédures d’expulsions. Mais dans ce secteur aussi, le nombre de procédures est en augmentation : de 896 dossiers en 2008 à 1.539 dossiers en 2010.