Danger nucléaire: "des tablettes d’iode pour tous les Belges"

La distribution de tablettes d'iode, utilisables en cas de catastrophe nucléaire, doit concerner tout le pays. Il s'agit de l'une des mesures proposées par le Conseil scientifique des rayonnements ionisants. Le ministre de l'Intérieur a annoncé une décision à ce sujet dans les prochaines semaines.

L'AFCN (Agence fédérale de Contrôle Nucléaire) a publié vendredi le rapport du Conseil sur son site internet. Le Conseil scientifique a formulé ses recommandations dans le cadre d'une révision des plans d'urgence nucléaires. Il a présenté son avis vendredi devant le conseil d'administration de l'AFCN.

Une des mesures les plus remarquables est l'élargissement de la zone de distribution des tablettes d'iode qui comprendrait tout le territoire. Actuellement, les riverains vivant dans un rayon de 20 km autour d'une grande centrale nucléaire reçoivent des tablettes d'iode stable. Des tablettes sont aussi distribuées, dans des rayons géographiques plus restreints, à des habitants vivant près d'un centre nucléaire plus petit. L'iode a pour but de réduire les conséquences des rayonnements radiologiques sur la santé humaine en cas d'accident nucléaire.

"Cette idée (élargir la zone de distribution) est intervenue après plusieurs études réalisées après la catastrophe de Fukushima. Plusieurs tests de sécurité ont été menés en fonction de plusieurs situations", a précisé la porte-parole Ine Wenmaekers.

"Une étude allemande - aux conclusions les plus rigides - propose un périmètre de 100 km pour la distribution de tablettes. Cela signifie que tout le territoire est concerné en Belgique." Selon l'avis du conseil, la distribution de tablettes peut se faire dans les pharmacies ou à domicile.

L'avis du conseil compte encore dix autres points. Le conseil recommande notamment une mise à l'abri à 20 km des centrales et non plus à 10 km en cas d'accident.

Une décision dans les prochaines semaines

Plusieurs partis d'opposition ont appelé le gouvernement à suivre la recommandation du comité scientifique.

"Cette recommandation n'est qu'un avis parmi d'autres", a rétorqué le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), annonçant par le biais de son porte-parole "une décision dans les prochaines semaines".

La cheffe de groupe cdH à la Chambre, Catherine Fonck, a appelé le gouvernement à réagir. Déjà en mars 2015, le Conseil supérieur de la Santé (CSS) avait attiré l'attention sur le fait que la mise à l'abri et l'administration d'iode s'avéraient nécessaires dans un rayon de 100 kilomètres surtout pour les populations plus faibles comme les enfants, les jeunes de moins de 18 ans et les femmes enceintes et allaitantes, a indiqué Mme Fonck dans un communiqué.

Selon elle, les ministres de la Santé, Maggie De Block, et de l'Intérieur, Jan Jambon, "n'ont fait que se renvoyer la balle sans aucun résultat concret".

Le député écologiste flamand Kristof Calvo a abondé dans le même sens, et a a rappelé que cette distribution de tablettes d'iode, utilisables en cas de catastrophe nucléaire, avait été promise en 2011 par l'ancienne ministre de l'Intérieur, Annemie Turtelboom, après la catastrophe de la centrale de Fukushima.

Ecolo rejoinf également l'avis du Conseil scientifique. "La position attentiste du ministre Jambon n'est ni compréhensible, ni acceptable. On ne badine pas avec la sécurité nucléaire", a commenté samedi Jean-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo à la Chambre.

M. Nollet estime également indispensable d'organiser un exercice d'évacuation. "Les citoyens, les écoles, les crèches, les hôpitaux, les entreprises doivent savoir comment réagir en cas d'accident et être régulièrement exercés à le faire car les premières heures sont cruciales pour réduire au maximum les conséquences humaines d'une telle catastrophe", explique-t-il.