Une mère de victime veut porter plainte contre l’Etat belge

Nadine Ribert-Reinhart, la mère d’une des victimes de l’attentat perpétré le 13 novembre dernier à la salle de concert parisienne Bataclan, a déclaré lors d’une interview accordée à BFM TV (France) qu’elle envisage de porter plainte contre l’Etat belge. Elle l’accuse d’"inaction" dans la surveillance des djihadistes et estime que les attentats auraient pu être évités si les terroristes avaient été arrêtés plus tôt.

L'enquête sur les attaques du 13 novembre, qui ont fait 130 morts et des dizaines de blessés, a établi de multiples liens entre les auteurs de celles-ci et la Belgique. Les frères Brahim et Salah Abdeslam sont des ressortissants français qui résidaient dans la commune bruxelloise de Molenbeek-Saint-Jean. Le premier s’est fait exploser à Paris, tandis que le second est toujours recherché au niveau international.

Abdelhamid Abaaoud et Chabib Akrouh, tués lors de l'assaut mené par les forces de l'ordre françaises à Saint-Denis, le 18 novembre dernier, étaient eux des Belgo-Marocains.

"Je vais demander, en lien avec notre avocat, de se retourner contre la Belgique parce que cela s'appelle de l'inaction, et derrière l'inaction il y a des familles décimées", a expliqué la mère de Valentin, l’une des victimes de l’attentat perpétré au Bataclan. Nadine Ribert-Reinhart qui estime que les autorités belges étaient en mesure d'agir avant les attaques.

Dix autres hommes suspectés d'être en lien avec les attentats ont été inculpés en Belgique dans le cadre de l'enquête, tandis qu'un Belge d'origine marocaine "directement lié" aux auteurs des attaques a été interpellé ce lundi au Maroc.

"Pas évident de prouver la négligence de l’Etat belge"

L’Etat belge peut effectivement être tenu pour responsable s’il a fait des erreurs ou s’il est en défaut d’exécution dans une affaire qui lui appartient. Mais pour cela, il faut des preuves concrètes, expliquait l’avocat Johan Platteau dans l’émission "De Ochtend" de la VRT, ce mardi matin.

Platteau estime donc que Nadine Ribert-Reinhart a peu de chances de parvenir à prouver la culpabilité de l’Etat belge. "Elle devra prouver elle-même que l’Etat a fait preuve de négligence. Que l’Etat belge possédait certaines informations et n’en a rien fait. Cela ne me semble pas évident", déclarait l’avocat.