Opel : les émissions élevées "sans doute dues à une martre"

Via un communiqué de presse, le constructeur automobile allemand a réagi mercredi soir pour la première fois officiellement au reportage de la rédaction de la VRT portant sur une manipulation logicielle du moteur de la Zafira Tourer 1.6 diesel de 2014. Depuis le quartier général de Rüsselsheim, Opel réfute tous les soupçons de fraude, affirmant que les émissions élevées d’oxydes d’azote avant le passage chez un concessionnaire sont parfaitement explicables. Dans un des deux cas, la coupable serait une martre - ce petit mammifère carnivore que vit dans les forêts.

Pour rappel, le journaliste Luc Pauwels (photo) de la VRT a fait tester deux Opel Zafira Tourer 1.6 diesel de 2014 en parfait état par des experts britanniques et flamands avant de les envoyer, sous un prétexte, chez un concessionnaire du constructeur automobile allemand en Belgique. Alors qu’avant le passage au garage, les taux d’émission d’oxydes d’azote étaient anormalement élevés dans les deux cas et dépassaient nettement la norme européenne, après le passage chez les concessionnaires les taux n’étaient plus que légèrement supérieurs à la normale.

Sur base d’informations confiées notamment par des garagistes, les experts estimaient alors qu’Opel est en train de remplacer de façon systématique et en toute discrétion un logiciel de gestion du modèle Zafira en question - qui en gonfle les prestations mais augmente en même temps nettement les taux de pollution -, afin d’éviter un scandale.

La direction de la filiale de General Motors affirme catégoriquement qu’aucune manipulation logicielle n’est actuellement effectuée sur les modèles Zafira. Dans son communiqué de presse, Opel déclare que pour la première voiture testée à la demande de la VRT le câblage du capteur des températures d’émissions était endommagé.

"Plus que probablement, c’est l’œuvre d’une martre. Ce capteur influence directement les émissions de gaz d’échappement. Le capteur a été remplacé au garage. Il n’y a pas eu de remise à jour des logiciels dans le système de gestion du moteur".

Dans le cas de la seconde voiture testée, il y aurait eu, selon le constructeur, neuf erreurs de logiciels dans le système de gestion du moteur. "D’après Opel, ces deux facteurs auraient engendré des taux d’émission bien trop élevés et augmenté la puissance des véhicules", précisait le journaliste Luc Pauwels.

Opel déclare espérer que ces explications vont "lever les derniers soupçons causés par le reportage de la VRT".

Par hasard une malchance extrême ?

Les explications d’Opel n’ont pas convaincu Luc Pauwels. "Si on veut croire le constructeur, nous aurions eu une incroyable malchance en choisissant par hasard deux Zafira qui étaient défectueuses. Et par hasard aussi, ces défauts ont justement augmenté les taux d’émissions et la puissance des deux véhicules ?".

C’est un peu trop de hasard, estime le journaliste de la VRT. "En Allemagne aussi une Zafira a été testée, et Opel a déclaré ensuite qu’elle avait un défaut. La rédaction de la BBC a également fait tester une voiture du point de vue de ses émissions, et Opel a réagi de la même façon. Il faudrait donc arriver à la conclusion que dans les quatre cas testés, il s’agissait par hasard de Zafira en mauvais état ", s’étonnait Luc Pauwels.