L’opposition en campagne contre la centrale de Doel

Invitée sur le plateau de l’émission dominicale "De zevende dag" (VRT), la présidente des écologistes flamands Meyrem Almaci a présenté la nouvelle campagne de Groen "Nous fermons Doel". Elle vise à encourager les consommateurs à choisir un fournisseur d’énergie plus écologique. Et le parti socialiste flamand SP.A a déposé une motion au Parlement flamand, afin que ce dernier invoque le conflit d’intérêt contre la décision du gouvernement fédéral de prolonger de 10 ans la vie des réacteurs nucléaires Doel 1 et 2.
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Le parti écologiste flamand a lancé ce dimanche sa campagne "Wij sluiten Doel" (‘Nous fermons Doel’). Groen appelle tous les consommateurs à mettre fin à leur contrat avec Electrabel et opter plutôt pour un fournisseur qui livre de l’énergie plus écologique.

"Ce n’est pas parce que le gouvernement fédéral opte pour l’énergie nucléaire que le consommateur doit s’y résoudre. Nous appelons les gens à changer en masse, pour passer d’Electrabel à un fournisseur d’énergie plus verte en Belgique. Chaque consommateur qui fera cette démarche lancera un signal clair au gouvernement", déclarait la présidente de Groen, Meyrem Almaci (photo), dans l’émission "De zevende dag".

Le parti écologiste estime que l’accord entre le gouvernement et Electrabel pour prolonger de 10 ans la durée de vie des plus vieux réacteurs nucléaires dans le pays suscite l’incompréhension des consommateurs. "Une sortie progressive du nucléaire est tout à fait possible. Beaucoup de consommateurs se lassent de la politique énergétique de la ministre Marie-Christine Marghem et veulent être consultés. Ils pourraient ainsi démontrer qu’il est possible de fermer les centrales nucléaires".

Sur le site internet Wijsluitendoel.be, Groen indique les étapes à suivre pour changer de fournisseur d’énergie.

Le SP.A invoque le conflit d’intérêt

Les socialistes flamands estiment pour leur part que la décision du gouvernement fédéral de prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires Doel 1 et 2 est incompatible avec la politique flamande de soutien au développement de sources d’énergie renouvelables.

La SP.A dépose donc une motion au Parlement flamand en lui demandant d’invoquer un conflit d’intérêt à l’encontre de la décision fédérale. Les socialistes flamands affirment qu’en maintenant les centrales nucléaires plus longtemps que prévu en activité, on crée une surcapacité sur le marché belge de la production d’électricité.

Actuellement, la capacité de production est de presque 20.000 mégawatt et la capacité d’importation d’environ 4.500 mégawatt, alors que l’on n’a besoin que de 14.250 mégawatt de capacité de production dans le cas le plus extrême.

Le chef de groupe SP.A Joris Vandenbroucke (photo) et le député Rob Beenders estiment que cette surcapacité nuit au climat d’investissement dans l’énergie renouvelable. « A cause de cette surcapacité, les installations existantes n’atteindront pas le rendement espéré, tandis que les incitations à investir dans des nouvelles installations sont anéanties ».

Les deux socialistes estiment que le Parlement flamand ne doit pas rester passif. Ils ont donc introduit une motion pour conflit d’intérêts. Il s’agit d’un instrument permettant de contrecarrer les plans d’un autre parlement qui nuisent aux intérêts du Parlement flamand. Afin de pouvoir suspendre la décision du gouvernement fédéral concernant la durée de vie des réacteurs nucléaires, il faut cependant que la motion soit approuvée au Parlement flamand par au moins 75% des députés.

Jasper Jacobs