Pas encore de cas d'euthanasie pratiquée sur des mineurs

Depuis l'élargissement de la loi euthanasie aux mineurs d'âge dotés d'une capacité de discernement, en 2014, aucune demande n'a encore été enregistrée auprès de la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie, indique le professeur Wim Distelmans (VUB).

"Cela ne m'étonne pas et ça ne veut pas dire non plus que cela n'arrivera pas", ajoute le professeur Distelmans.

Le président de la Commission de contrôle voit deux raisons à cet état de fait. "L'une des possibilités est que les médecins n'aient pas fait de déclaration, la seconde est que l'on poursuit les méthodes d'avant l'élargissement de la loi et qu'on opte pour la sédation palliative".

L'euthanasie peut être pratiquée sur des mineurs depuis 2014 sous strictes conditions. Le patient mineur d'âge doit être conscient et doté d'une capacité de discernement, se trouver dans une situation médicale désespérée de souffrance physique (et pas psychologique) constante et insoutenable et être en phase terminale.

Un second médecin, un pédopsychiatre ou un pédopsychologue doivent être consultés et les parents, ou les responsables légaux, du patient mineur doivent donner leur accord.

Les débats à la Chambre ont été passionnés. Deux jours avant le vote, 160 pédiatres ont demandé un report. Les partisans de l'élargissement de la loi ont parlé de chantage émotionnel et de malhonnêteté intellectuelle. Le vote a finalement eu lieu le 13 février 2014, comme prévu. CD&V, CDH et Vlaams Belang ont voté unanimement contre, tandis que PS, SP.A et Open VLD ont voté pour à l'unanimité.

Le vote était partagé du côté des élus N-VA, MR et Ecolo-Groen.

Le vote de l'élargissement de la loi euthanasie a été relayé par les médias du monde entier.