Pas de contrôle systématique des domiciles à Molenbeek

Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) abandonne l’idée de contrôler un à un tous les domiciles de la commune bruxelloise, pour "nettoyer" Molenbeek. Cette idée avait été annoncée en novembre dernier, après les attentats à Paris. Il s’agit en effet d’une compétence communale et plusieurs bourgmestres s’y montrent opposés. A commencer par la bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean, Françoise Schepmans.

Un des problèmes de Molenbeek et d’autres communes bruxelloises est que les autorités ne savent pas exactement qui y réside. "En ce qui me concerne, l’administration communale doit aller sonner à toutes les portes et demander qui réside dans chaque logement. Un contrôle de logement, comme l’effectue l’agent de quartier quand un nouvel habitant s’installe. Jusqu’à ce que nous sachions qui y réside réellement", avait déclaré le ministre de l’Intérieur Jan Jambon en novembre dernier dans le quotidien Het Nieuwsblad.

Mais ces contrôles systématiques aux portes ne sera finalement pas mené à bien, plusieurs communes s’y opposant. "Il n’en est pas question. C’est impayable et je n’en vois pas l’utilité", avait déclaré le week-end dernier Françoise Schepmans (MR, photo), la bourgmestre de Molenbeek, dans les pages de La Capitale.

"Ce n’est pas notre priorité dans la lutte contre le terrorisme. Que l’on se concentre sur les personnes enregistrées. Mais si le ministre veut aider à informatiser les services, pour que notre personnel puisse mieux travailler, volontiers", déclarait la bourgmestre Schepmans.

Les contrôles de domiciles étant une compétence exclusivement communale, il est dès lors impossible pour le ministre fédéral Jambon de procéder sans l'aval de l'autorité locale.

Le chef de corps de la police de la zone Bruxelles-Ouest, Johan De Becker, a par ailleurs expliqué que ces contrôles exhaustifs étaient impossibles pour des raisons pratiques. "Quelque 95.000 personnes vivent à Molenbeek-Saint-Jean, ce n'est pas possible de contrôler chaque habitation."