Construction : 26.000 emplois pourraient disparaître d’ici 2019

Si l’on en croit les chiffres communiqués ce jeudi par la Confédération de la construction, 5.000 emplois salariés ont disparu en 2015 dans le secteur en Belgique, alors que le nombre de déclarations pour des activités exercées par des travailleurs étrangers détachés dans le secteur de la construction a bondi de 25% en un an, pour passer de 314.000 en 2014 à 394.000 l’an dernier.

Le secteur belge de la construction a enregistré une hausse de ses activités de l'ordre de 1,6% en 2015. Depuis 2011, on dénombre 19.000 pertes d'emplois salariés dans ce domaine d’activité.

Dans l'hypothèse où une mission de détachement correspond en moyenne à 23 jours de travail, les travailleurs étrangers détachés représentent actuellement un volume d'emplois de 41.000 équivalents temps plein, contre 16.000 en 2011, d’après un calcul de la Confédération de la construction.

Le recours accru à la sous-traitance étrangère est entrée dans une phase structurelle et a même tendance à s'accélérer, met en garde Robert de Mûelenaere, administrateur délégué de la Confédération de la Construction. "On arrive à un point de non-retour," précise-t-il. "Et nous n'évoquons ici qu'une concurrence tout à fait légale, permise par l'Europe, et non le dumping social".

Confédération et Bureau du Plan divergent

Le Bureau du Plan - organisme indépendant qui réalise des prévisions sur des questions de politique économique, sociale, environnementale et leur intégration dans une perspective de développement durable - table sur une augmentation de l'emploi salarié dans le secteur de la construction de 14.000 unités pour la période 2016-2019.

Le secteur de la construction prévoit, lui, une perte de 26.000 emplois d'ici la fin de la législature, selon un scénario "optimiste" à politique inchangée. Soit, une différence de 40.000 emplois entre les deux scénarios, qui coûterait au Trésor belge 1,3 milliard d'euros - compte tenu d'un manque à gagner évalué à 22.000 euros en matières de recettes financières et parafiscales et d'un coût chiffré à 11.000 euros en matière de chômage, par perte d'emploi -, souligne la Confédération de la Construction.

Le secteur réclame d’urgence au gouvernement fédéral l'application de mesures. "Il y va de l'intérêt collectif et pas uniquement de celui d'un secteur", conclut Robert de Mûelenaere.