Préavis de grève de policiers contre le Plan Canal

Les syndicats SLFP Police, CSC-Services publics et SNPS (Syndicat national de police et de sécurité) ont déposé ce jeudi un préavis de grève au sujet de l’exécution du Plan Canal du ministre de l’Intérieur, qui doit aider police et justice à lutter contre le terrorisme et la radicalisation dans 7 communes bruxelloises et à Vilvorde. Ils réclament des négociations avec le ministre Jan Jambon, sans quoi ils feront grève du 23 au 29 février. La CGSP marque son soutien à ses homologues, mais "veut aller plus loin".

Ce préavis concerne les membres de la police fédérale affectés "brutalement" dans les deux zones de police concernées, à savoir Bruxelles-Ouest et Vilvorde, précisent les trois organisations syndicales, qui appellent à la tenue de négociations avec le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA, photo).

"Si les négociations n'aboutissent pas, le préavis prendra cours le 22 février à 23h59 et se terminera le 29 février à 07h01".

"Des collègues se sont vus, sur un simple coup de fil le vendredi 29 janvier, imposer d'aller travailler à Molenbeek ou Vilvorde dès le lundi 1er février, sans information sur la nature du travail demandé et les conditions", dénoncent les syndicats, qui affirment que ce plan a été établi sans la moindre négociation avec les partenaires sociaux.

Aurore Belot

Quatre revendications syndicales

Les trois syndicats appellent tout d'abord le gouvernement fédéral à prendre "les initiatives nécessaires (...) pour que les collègues concernés disposent enfin des informations requises." Deuxièmement, ils exigent que des "mesures sociales pécuniaires soient inventées" pour ces agents qui ont vu leur affectation brutalement modifiée. Troisièmement, les syndicats réclament l'établissement d'une procédure ad hoc à suivre si une telle opération devait se reproduire à l'avenir. Enfin, les organisations exigent la mise en place de dispositions paritaires à l'attention de ces agents.

La CGSP indique ce vendredi vouloir déposer un préavis de grève illimité pour l'ensemble de la Belgique et toutes les zones de police, qui ne se limiterait pas au Plan Canal mais "concernera plus largement la privatisation de certaines missions de la police ainsi que le manque de personnel". C'est ce qu'a fait savoir Eddy Quaino, permanent police au sein de la CGSP-Admi.

Dans un communiqué publié ce vendredi, la CGSP-Admi appelle le ministre de l'Intérieur Jan Jambon à "revoir ses plans d'investissements jusqu'en 2019 pour un recrutement pérenne de policiers et un renouvellement adéquat du matériel mis à leur disposition".

Une rencontre à cet égard est prévue le 18 février à 14 heures avec le ministre de la Justice et à 17h30 avec le ministre de l'Intérieur.

Pour rappel, le gouvernement fédéral a annoncé le 5 février avoir débloqué 39 millions d'euros au service de la police et de la Justice dans le cadre d'un plan d'action "contre la radicalisation, l'extrémisme violent et le terrorisme dans la zone du canal", qui comprend sept communes bruxelloises - le territoire de Laeken (entité de la ville de Bruxelles), Saint-Gilles, Anderlecht, Molenbeek, Koekelberg, St-Josse et Schaerbeek -, ainsi que Vilvorde en périphérie. Des renforts au sein des polices locales sont notamment prévus.

Concrètement, le "Plan Canal" prévoit l'affectation de 21,8 millions d'euros pour la police et 17,1 millions d'euros pour la justice. Il est question de 160 policiers en plus pour la police judiciaire et 325 policiers en plus pour la police administrative, soit un total de 485 policiers pour la zone du Canal. Un total de 300 policiers seront déployés dès cette année moyennant certains glissements, en commençant par 50 à Molenbeek et 20 à Vilvorde.