Surmenés, les militaires tirent la sonnette d’alarme

Les syndicats de l’armée se plaignent de ne plus pouvoir concilier vie professionnelle et vie privée à cause d’une charge accrue de travail due au rehaussement du niveau de la menace en Belgique, et plus particulièrement à Bruxelles. Depuis des mois, les militaires sont souvent sollicités pour des missions de surveillance et ne parviennent plus à prendre leurs jours de congé. Ils demandent au ministre de la défense, Steven Vandeput (N-VA), de trouver d’urgence une solution.

Depuis plus d’un an, les militaires belges sont également sollicités pour une série de missions de surveillance, et à la suite des attentats terroristes du 13 novembre dernier à Paris - qui a engendré le rehaussement du niveau d’alerte de la menace en Belgique - ils ont été appelés en renfort dans les gares, les aéroports et les endroits de grande affluence.

"Ce sont des tâches qui s’ajoutent à leur travail habituel, car nos soldats s’entrainent encore toujours aussi souvent et intensément pour des missions à l‘étranger", expliquait Walter Van den Broeck du syndicat chrétien de la Défense au quotidien Het Nieuwsblad.

Certains militaires sont parfois absents pendant des jours de leur domicile pour des missions de surveillance et doivent ensuite partir en mission, se plaignent leurs syndicats. La direction de l’armée a exceptionnellement donné son accord à ce que les jours de congé pour 2015 puissent encore être pris cette année.

"En raison des horaires très chargés, nos militaires ne sont pas en mesure de prendre tous leurs jours de vacances". D’après les syndicats, certains militaires auraient entretemps quitté l’armée à cause de cette charge de travail supplémentaire.

Nicolas Maeterlinck

"Trop peu de moyens pour la relève de la garde"

La direction de l’armée tente, de son côté, d’alléger la pression sur les unités de combat d’une part, et sollicite aussi d’autre part des soldats qui effectuent normalement plutôt des missions logistiques. Mais les syndicats lancent avant tout un appel au ministre de la Défense, Steven Vandeput.

"Le fait que les économies soient maintenues et qu’il ne soit pas possible de recruter à temps suffisamment de personnel commence à poser de gros problèmes. Soit il faut mettre la mission en question, mais c’est un choix politique. Soit il faut prévoir des moyens financiers supplémentaires, mais ce n’est pas évident à réaliser à court terme", précise Yves Huwart du syndicat militaire CGPM.

Syrie : pas encore de demande américaine à la Belgique

Les Etats-Unis n'ont pas (encore) adressé à la Belgique de demande pour une extension à la Syrie de la mission de ses avions de combat F-16 lorsqu'ils reprendront début juillet leur participation à la campagne aérienne menée par la coalition qui combat le groupe terroriste Etat islamique (EI). C’est ce qu’a indiqué jeudi le ministre de la Défense, Steven Vandeput (photo).

Mais cette requête devrait être faite, a-t-il affirmé à l'issue de la première réunion, à Bruxelles, d'une cinquantaine de ministres de la Défense des pays appartenant à la coalition dirigée par les Etats-Unis. "J'estime que cette demande va venir. Quand elle sera là, nous regarderons au sein du gouvernement quelles sont les options", a ajouté Vandeput.

La Belgique a participé durant neuf mois - d'octobre 2014 à fin juin 2015 - à la campagne de bombardements d'objectifs de l'EI mais uniquement en Irak, avant de rapatrier ses F-16, essentiellement pour des raisons budgétaires.

Mais cette mission, désormais assurée en alternance avec les Pays-Bas, doit reprendre en principe début juillet, au départ de la Jordanie. Et le gouvernement néerlandais a reçu mercredi le soutien de son parlement pour étendre les opérations à la Syrie voisine.