La Forêt de Soignes rejoint l’European Rewilding Network

La forêt de quelque 4.500 hectares située à cheval sur la Flandre, Bruxelles et la Wallonie intègre le réseau créé en 2013 qui vise à redonner aux forêts d’Europe leur caractère sauvage et aux animaux qui y vivent de se développer de façon durable. La Forêt de Soignes accroît ainsi aussi sa visibilité internationale.

Créé en 2013, l’European Rewilding Network compte actuellement 42 zones réparties sur 18 pays européens. Dans ces réserves naturelles, le principe est de laisser la nature suivre son cours, avec un encadrement minimum. Les animaux y reçoivent un maximum de chances de s’implanter durablement et de se multiplier. Ce retour à la vie sauvage crée d’autre part de nouvelles possibilités touristiques.

En ce qui concerne la Forêt de Soignes - un territoire de 4.500 hectares qui s’étend au sud-est de Bruxelles, à cheval sur les Régions bruxelloise, flamande et wallonne - le programme vise avant tout les animaux tels que le cerf, le sanglier, le renard et les bovins highlander écossais qui paissent dans le pâturage entourant le musée de la forêt de Groenendaal.

Les gestionnaires espèrent aussi accueillir bientôt des blaireaux et martres - des petits mammifères de la famille des mustélidés.
Cette reconnaissance permettra à la Forêt de Soignes d’avoir une meilleure visibilité internationale, se réjouit aussi l’Agence flamande Nature et Forêt.

Le certificat "Rewilding Europe" sera remis à la Forêt de Soignes le 19 février prochain.

Un tiers de chevreuils en moins

L'adhésion de la Forêt de Soignes à l'European Rewilding Network est d'autant plus utile que les chercheurs de l'Institut flamand de la nature et des forêts (INBO) et leurs collègues des Régions de Bruxelles et Wallonie y ont observé au cours des deux dernières années un tiers de chevreuils en moins, par rapport à la moyenne des cinq années précédentes.

"Il n'y a pourtant aucune raison de supposer que la population ait diminué si fortement", indiquait récemment Frank Huysentruy (INBO).Pour mieux comprendre l'évolution de la population de chevreuils dans la Forêt de Soignes, les trois Régions effectuent depuis 2008 un comptage systématique.

Ces comptages ont lieu quatre fois par an sur 24 parcours d'observation, qui représentent ensemble 118,5 kilomètres. Entre 2008 et 2013, le nombre de chevreuils observés variait entre 137 et 154. En 2014, ce chiffre est tombé à 108, et à 83 en 2015. Les chercheurs s'expliquent mal une telle baisse.

Ils vont tenter dès l'année prochaine d'objectiver davantage leurs données, afin de vérifier si la baisse n'est pas simplement due à une moindre visibilité des chevreuils.