Des bracelets d’hôpital pour reconnaître les migrants à Zeebrugge

La police de Bruges place désormais un bracelet d'hôpital au poignet des migrants qu'elle interpelle. Le PTB avait récemment fait remarquer que des sans-papiers avaient été marqués avec de l'encre indélébile.
Kurt Desplenter

"Un groupe d'Iraniens nous a raconté que la police venait régulièrement les appréhender", rapporte Loïc Fraiture, responsable d'Amitiés Sans Frontières, un groupe proche du parti d'extrême gauche.

"Les agents profitent de l'absence des réfugiés pour s'emparer de leurs sacs de couchage. En outre, ils sont désormais marqués comme des bêtes, via un numéro à l'encre indélébile sur leur main."

La police de Bruges reconnaît l'utilisation de feutres, mais pas à encre indélébile, précise l'agent Philippe Tankrey. "Le numéro permet de les différencier. Lorsqu'ils sont interpellés, ils atterrissent dans une cellule collective. Certains se ressemblent et la communication est souvent difficile. Comme ils n'ont pas de papiers, nous avons opté pour cette méthodologie afin de rendre leur enregistrement plus efficace. Nous nous sommes ensuite rendu compte qu'il existait de meilleures manières de reconnaître ces personnes, c'est pourquoi nous utilisons désormais des bracelets depuis plus d'une semaine", affirme le policier.

La police admet certaines erreurs durant les derniers jours, mais selon elle, celles-ci sont dues à un afflux massif de réfugiés candidats au passage vers la Grande-Bretagne.

Hausse du nombre de réfugiés à la côte

Depuis le début du mois, 318 réfugiés ont été interpellés en Flandre occidentale, selon les derniers chiffres révélés lundi par le gouverneur de la province, Carl Decaluwé. Soixante pour cent d'entre eux ont été appréhendés aux environs de Zeebrugge.

Le littoral belge continue d'attirer les demandeurs d'asile tentant de rejoindre la Grande-Bretagne. En janvier, 947 d'entre eux ont été interpellés par la police. A la même période l'an dernier, ils n'étaient que 133.

La tendance reste la même en février. En deux semaines, ce sont 318 réfugiés qui ont été interceptés, pour 115 sur tout le mois de février 2015. Au cours de la dernière quinzaine, la grande majorité de ces personnes ont été appréhendées à Zeebrugge, les environs de La Panne, Furnes et Middelkerke concentrant la plupart des autres. Plus de la moitié d'entre elles (56%) étaient des ressortissants irakiens.

Le gouverneur a également indiqué regretter la polémique des dernières semaines et précisé qu'un point d'information pour les demandeurs d'asile existait déjà. "Tout le monde peut contacter la police maritime pour obtenir des informations sur ses droits, ses devoirs et la procédure de demande d'asile." Il a aussi tenu à préciser que les réfugiés interpellés recevaient à manger, à boire et avaient accès à un endroit pour se reposer, ainsi qu'à des soins si nécessaires.