Les objectifs budgétaires de la Belgique de nouveau pas atteints

Avec un déficit public estimé à 2,8% du PIB en 2015, contre un déficit de 3,1% en 2014, les objectifs budgétaires de la Belgique n'ont "de nouveau" pas été atteints en 2015, souligne dans son rapport annuel la Banque nationale de Belgique (BNB), tout en préconisant une amélioration du solde primaire (hors charge d'intérêts) et un respect de la trajectoire budgétaire conduisant à un retour à l'équilibre structurel en 2018. En tant que régent de la BNB, le président de la FGTB Rudy De Leeuw a rejeté ce rapport.
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Le solde de financement structurel des administrations publiques, c'est-à-dire corrigé de l'influence de facteurs cycliques et temporaires, s'élève pour sa part à -2,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2015, contre -2,8% en 2014, soit une baisse de 0,3 point de pourcentage alors que l'objectif était une diminution du déficit budgétaire structurel de 0,7 point de pourcentage en 2015.

Si le déficit public s'est réduit, c'est exclusivement grâce aux charges d'intérêts qui baissent, note la BNB. "C'est un point d'attention important. L'objectif budgétaire de 2015 n'est pas atteint et c'est préoccupant", relève son gouverneur, Jan Smets, tout en constatant qu'un "certain retard" a été pris dans la trajectoire vers un équilibre structurel en 2018. "Nous plaidons pour que l'on respecte cette trajectoire, que les efforts soient poursuivis", dit encore M. Smets.

Pour la Banque nationale, une poursuite de la consolidation budgétaire est nécessaire "pour créer des marges, pour faire face à des chocs économiques ultérieurs et pour payer la facture du vieillissement de la population".

La BNB relève toutefois un point "favorable" dans le fait que les dépenses primaires augmentent moins rapidement en 2014 et 2015 que la croissance économique et ce, notamment, en raison de la suspension de l'indexation.

La dette publique était estimée à 106,5% du PIB fin 2015, en légère baisse par rapport à 2014 (106,7%). Cette amélioration résulte d'un remboursement anticipé du bancassureur KBC au gouvernement flamand, ce qui a permis une réduction de l'endettement de la Flandre.

Rudy De Leeuw rejette à nouveau le rapport

Comme en 2015, le président de la FGTB Rudy De Leeuw a refusé d'approuver, en tant que régent de la Banque nationale de Belgique (BNB), le rapport annuel de l'institution, se disant "fondamentalement en désaccord avec la vision et la ligne idéologique du document", annonce vendredi la FGTB. Si le syndicat socialiste peut soutenir un certain nombre de points, plusieurs parties du rapport lui posent de gros problèmes, dont l'approche "déséquilibrée" du taxshift.

"La BNB met l'accent sur le pouvoir d'achat supplémentaire que la réforme de l'impôt des personnes physiques entraîne, mais elle oublie les factures en hausse et la diminution des allocations qui y sont liées", déplore Rudy De Leeuw, soulignant que l'enseignement, les transports en commun, l'électricité et l'eau sont devenus plus chers et que la TVA et les accises ont augmenté.

Dans la discussion sur la réforme des pensions, l'approche adoptée reste quantitative et les effets sur le travail soutenable et une fin de carrière vivable sont insuffisamment développés, constate le président du syndicat socialiste.

Dans son rapport annuel, la BNB appelle à un meilleur alignement de la formation des salaires sur l'évolution de la productivité au niveau sectoriel et de l'entreprise. "Ceci revient à décentraliser la concertation salariale au niveau de l'entreprise", rétorque M. De Leeuw, qui rejette en outre la remise en question de la rémunération sur la base de l'expérience.

Enfin, concernant les marges supplémentaires que les entreprises recevront à la suite des réductions de cotisations patronales et qui ne peuvent pas être converties en salaires, la FGTB se demande pourquoi les dividendes et bonus ne sont pas ici pris en considération.