"Ceux qui comme la Belgique pensent que l'Europe a une plus value ont gagné"

L'accord intervenu vendredi soir entre le Royaume-Uni et ses partenaires européens sur des réformes afin d'éviter une sortie du pays de l'Union européenne est "la meilleure décision possible" et permettra à l'UE d'en sortir plus forte, a estimé vendredi soir le Premier ministre belge Charles Michel (MR).

Comme il était déjà apparu au fil de la négociation, le texte reprend les revendications principales portées par la Belgique. Ainsi, il affirme que l'intégration politique doit demeurer l'objectif pour les pays qui le souhaitent.

Le principe de l'Union toujours plus étroite est également conforté. Le texte prévoit cependant qu'il pourra ne jamais s'appliquer au Royaume-Uni. Le texte reconnaît aussi "que le principe de subsidiarité fonctionne dans les deux sens", a souligné le Premier ministre à l'issue de la réunion.

Les gouvernements nationaux doivent avoir le champ libre quand c'est le plus efficace, mais l'UE doit également pouvoir intervenir là où elle est la mieux à même de gérer.

Le Premier ministre a reconnu que la clause insérée à ce sujet dans le texte était d'une nature telle que les changements seraient en réalité très limités.

Charles Michel a également souligné que le volet sur les prestations sociales et les allocations familiales avait connu "une évolution positive".

L'adaptation du montant des allocations familiales au niveau de vie du pays où elles sont octroyées fera l'objet d'un règlement général que les pays qui le souhaitent pourront utiliser. Cette mesure vise particulièrement les travailleurs des pays d'Europe centrale et orientale dont les enfants sont restés dans leur pays d'origine.

Par ailleurs, l'octroi des prestations sociales pourra être suspendu pendant une période de sept ans en cas de pression trop forte sur le système. La durée est moins longue que la dernière proposition des Britanniques (sept ans, avec deux renouvellements de trois ans) mais plus longue que la proposition européenne (quatre ans).

Il a aussi rappelé que le texte serait caduc si le "non" l'emportait au référendum. "Le non au référendum signifie la mise à la poubelle des textes discutés ici", a-t-il insisté.

"La balle est maintenant dans le camp des citoyens britanniques." Ce référendum sera "l'heure de vérité" avec "peut-être pour la première fois un choix de clarté: oui ou non les Britanniques veulent-ils continuer à vivre dans le projet européen? ".

L'accord ne sera pas appliqué avant la tenue du référendum, probablement fin juin, mais il sera utilisé par les partisans du "oui" (au maintien du Royaume-Uni dans l'UE) pour faire campagne.

Plus largement, le Premier ministre s'est réjoui que "ceux qui pensent que l'Europe a une plus-value (aient) gagné ce soir". L'accord marque la consécration de l'Europe a deux vitesses, a-t-il reconnu, une occasion que ce "momentum" a offerte de "réenchanter le projet" européen.
"J'ai négocié un accord qui donne au Royaume-Uni un statut spécial dans l'Union européenne", s'est félicité le Premier ministre britannique David Cameron, en réaffirmant que son pays ne rejoindrait jamais la zone euro. "Je pense que cela suffit pour recommander que le Royaume-Uni reste dans l'UE."

Le président du Conseil européen Donald Tusk a lui aussi souligné que l'accord renforçait le statut spécial du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne. "Le Royaume-Uni a toujours eu un comportement à part, plus insulaire peut-être", avait pour sa part commenté Charles Michel.

"Je n'aime pas Bruxelles, j'aime la Grande-Bretagne", a lancé le Premier ministre britannique. En écho, Donald Tusk a répliqué qu'il "aime la Grande-Bretagne et Bruxelles", tandis que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, affirmait aimer "Bruxelles plus que tout autre endroit en Europe".