La route première cause de mortalité chez les jeunes

Les accidents de la route sont à l’origine d’un tiers des cas (32%) de décès des jeunes âgés de 20 à 24 ans en Belgique - devançant ainsi les suicides comme autre cause principale de décès de cette catégorie d’âge. C’est ce que révèle une analyse menée par l’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR) à propos des accidents survenus en 2014 dans le pays.
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"Un jeune sur trois décédé en 2014 dans la catégorie d'âge de 20 à 24 ans est mort dans un accident de la route", précisait ce lundi Karen Genoe de l'Institut belge pour la sécurité routière à la VRT. "Ils ont également 4,3 fois plus de risques que l'automobiliste moyen de subir un accident mortel ou des blessures graves sur la route."

Pour comparaison, les accidents de la route représentent 32% des causes de décès chez les jeunes de 20 à 24 ans, contre 26% des causes de décès chez les adolescents de 15 à 19 ans, et 14% des causes de mortalité dans la catégorie des 25 à 34 ans, en Belgique. Ces trois groupes sont les plus touchés par les accidents mortels de la route.

Comment expliquer ce pourcentage élevé chez les jeunes de 20 à 24 ans ? "Ils ne sont pas suffisamment capables d’évaluer les risques sur les routes et dans la circulation", explique Karen Genoe. "Et puis ils sont souvent impliqués dans des accidents mortels qui se produisent la nuit, et dont les principales causes sont une vitesse excessive, l’alcool ou la fatigue au volant".

Pour réduire le nombre de décès de jeunes sur nos routes, une campagne de sensibilisation s’impose, estime Genoe. Il faut également que les contrôles sur les routes soient accrus, afin que les jeunes conducteurs sachent qu’ils risquent davantage de se faire prendre en état d’ébriété ou sous influence de la drogue au volant ou pour vitesse excessive.

L’objectif 2020 ne sera pas atteint

Karen Genoe estime également que la formation des conducteurs est trop démocratique en Belgique. "Il faut être plus sévère en matière d’autorisation de l’accès à la route. En Belgique, on peut conduire sur la voie publique sans avoir reçu une formation très complète et sans avoir beaucoup d’expérience".

L'IBSR souligne que le nombre de morts sur les routes belges a nettement diminué au cours des dix dernières années. Il est ainsi passé de 519 accidents par milliard de kilomètres en 2005 à 403 accidents par milliard de km en 2013. Le nombre de décès est cependant à nouveau légèrement en hausse.

Selon les nouvelles prévisions de l’Institut, le but fixé pour 2020 - à savoir réduire de moitié le nombre de morts sur les routes belges - ne pourra être atteint endéans les quatre années qui restent. Ce nombre devrait en effet descendre à 420 victimes mortelles de la route en 2020, mais au rythme actuel et sans aucun changement il sera encore de 600 victimes annuelles dans 4 ans.

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