Crise des réfugiés: "l’Allemagne a échoué dans son leadership"

"Menée par Angela Merkel, l’Europe a perdu beaucoup de temps dans la crise des réfugiés, et elle en paie à présent le prix", a déclaré jeudi soir Bart De Wever. Invité sur le plateau de l’émission "Terzake" (VRT), le président de la N-VA n’a pas ménagé ses critiques envers la chancelière allemande, mais aussi envers la Grèce.

"Depuis le premier jour, la Grèce est une partie du problème des réfugiés", a indiqué Bart De Wever. "Ils ont ouvert les portes de la zone Schengen. Ils n'ont aucune politique d'asile, ils n'accueillent personne et laissent tout le monde remonter vers l'Europe du Nord", a fustigé le leader des nationalistes flamands. "Je pense que la Grèce était jusqu'il y a peu le seul pays qui a gagné de l'argent avec la crise."

Le président de la N-VA pointe un doigt accusateur vers la chancelière allemande : "L’Europe a pris une direction totalement erronée sous l'impulsion d’Angela Merkel, et a perdu beaucoup de temps", a-t-il dénoncé. "L’Allemagne a échoué dans son leadership, et en paie aujourd’hui le prix. La Grande-Bretagne organise un Brexit. C’est insensé. Nous sommes en train d’arracher les fondements de l’Europe. Notre stabilité socio-économique a disparu, et les gens sentent que leur identité culturelle est menacée. Tout cela est relativisé, mais moi je ne suis plus".

"Tsipras est un démagogue d’extrême gauche"

Sur le plateau de la VRT, Bart De Wever s’en est également pris à la Grèce et à son Premier ministre Alexis Tsipras. A ses yeux, ce dernier va "plier" et faire diminuer les flux de migrants maintenant que les pays frontaliers procèdent à la fermeture des frontières.

"Alexis Tsipras va dorénavant faire plus de concessions", estime le bourgmestre d’Anvers, alors que l'Autriche, les pays du groupe de Visegrad (Pologne, République tchèque, Slovaquie et Hongrie) et les pays des Balkans ferment progressivement leurs frontières et risquent de transformer la Grèce en terminus pour les migrants.

"C'est un démagogue d'extrême gauche. Au plus ses déclarations sont sévères, au plus les concessions qu'il doit faire sont grandes. Cet homme en est réduit à mendier à l'Europe. Il n'a pas le choix. Il va plier", a déclaré Bart De Wever. Selon lui, les flux de migrants vers l'Europe du Nord ne peuvent baisser que si la Grèce devient le pays terminus.

Le leader des nationalistes flamands estime encore que les frontières extérieures de Schengen doivent être fermées et que les réfugiés de guerre doivent être accueillis en dehors d'Europe.

"Le raisonnement de De Wever est cynique"

"Une Europe du chacun pour soi n’est pas une solution", a réagi le ministre de la Coopération au Développement Alexander De Croo (Open VLD). "Une réelle solution serait de surveiller les frontières extérieures, d’améliorer les enregistrements et le partage entre les pays européens", a-t-il souligné.

"Cette sorte de jeu d’échec dans lequel on provoque une catastrophe dans un pays en espèrant que les choses vont bouger, c’est comme jouer avec de la dynamite autour d’un problème qui concerne tout de même des êtres humains", conclut Alexander De Croo.