Francken: "Une moyenne de dix réfugiés par commune"

Le gouvernement fédéral s’est accordé ce vendredi sur un nouveau plan de répartition obligatoire de 5.000 réfugiés, a indiqué le Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Theo Francken (photo). Les communes devront accueillir en moyenne dix personnes, mais auront six mois pour le faire si elles n’ont pas immédiatement de la place. En cas de refus, elles risquent une sanction.

Avant le début du conseil des ministres, le Secrétaire d’Etat à, l’Asile et la MigrationTheo Francken indiquait déjà : "Nous y sommes arrivés, nous avons un accord. Après le conseil des ministres, le Premier ministre donnera davantage de détails".

Le plan de répartition obligatoire des réfugiés prévoit notamment des sanctions pour les communes qui refusent d’accueillir des demandeurs d’asile. Les communes qui peuvent par contre prouver qu’elles ne sont pas en mesure d’accueillir immédiatement des réfugiés recevront 6 mois de temps pour créer des places et les remplir.

Les communes avaient déjà reçu une lettre en décembre 2016 leur indiquant combien de réfugiés elles devaient chacune accepter. En pratique, elles auront donc pratiquement un an pour organiser l’accueil sur leur territoire, indiquait Theo Francken.

Au total, ce sont 5.000 réfugiés que les communes belges devront accueillir. Mais ce chiffre pourrait encore augmenter. La situation est évaluée régulièrement. "Pour une grande majorité des communes, il s‘agit de moins de 10 personnes à accueillir. Si elles prennent une famille de 4 personnes, cela fait déjà 4 places occupées", détaille Theo Francken. "C’est donc très raisonnable".

Le Secrétaire d’Etat se dit confiant. "Quand je vois combien de communes et de centres publics d’aide sociale en Flandre et en Wallonie - les initiatives locales d’accueil - ont déjà fait une grande partie de ce qu’ils devaient faire, je ne me fais vraiment aucun souci. A l’heure actuelle, 718 places d’accueil ont déjà été créées dans 131 communes".

Contrôles plus stricts aux frontières extérieures de l'UE

Les Etats membres de l'Union européenne se sont mis d'accord jeudi soir sur des contrôles plus stricts aux frontières extérieures de toutes les personnes qui entrent dans l'Union européenne. Les citoyens européens seront eux aussi soumis à des contrôles systématiques, ce qui provoquera inévitablement des temps d'attente plus longs dans les aéroports.

Il s'agit d'une mesure que la France et la Belgique, notamment, ont demandée et qui doit permettre d'intercepter des combattants qui étaient en Syrie et qui reviennent.

L'Europe travaille depuis longtemps à un système de "frontières intelligentes", où on ferait usage de technologies avancées pour améliorer les contrôles aux frontières. Après les attentats de Paris en novembre, le dossier a connu une accélération et les Etats membres ont demandé à la Commission de préparer un texte législatif qui permette aussi les contrôles systématiques de leurs ressortissants. La Commission n'a pas hésité et a remis sa copie en décembre.

Les Etats membres ont arrêté jeudi une position commune, dans le cadre des négociations avec le Parlement européen. Selon leur position, tous les Etats membres seront obligés de contrôler toutes les personnes - et donc également les ressortissants européens - qui entrent dans l'UE via un aéroport ou une autre frontière extérieure. Les données personnelles seront passées en revue via les banques de données pertinentes, nationales et européennes.

Le Secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken (photo, à g.) reconnaît que les temps d'attente dans les aéroports augmenteront en raison des contrôles. Les pays qui pourront prouver que les temps d'attente augmentent trop en raison des contrôles pourront effectuer des contrôles "ciblés" plutôt que systématiques.

Selon Theo Francken, un accord avec le Parlement européen devrait être possible avant la fin de l'année. Après une période transitoire de six mois, les contrôles devraient pouvoir commencer vers le milieu de 2017.