L’Europe observe comment Malines combat la radicalisation

Une délégation de membres du Parlement européen et des mandataires locaux du Comité européen des Régions ont été accueillis jeudi à Malines à l’occasion d’un congrès sur la lutte contre la radicalisation des jeunes. Des représentants des administrations des villes de Malines, Anvers et Vilvorde y ont aussi explicité leur politique dans ce domaine et souligné l’importance d’une approche préventive.

"Dans ce domaine, la prévention est certainement meilleure que la guérison, étant donné que cette dernière - à savoir la déradicalisation - est particulièrement ardue", soulignait jeudi soir le bourgmestre de Malines (province anversoise), Bart Somers (Open VLD, photo).

"D’autres pays européens sont très intéressés par la façon dont la ville de Malines, notamment, aborde le problème de la radicalisation de jeunes. Tout tourne autour du fait qu’il faut comprendre que les recruteurs extrémistes réussissent bien à isoler de la société les jeunes plus vulnérables, et que l’on peut combattre au mieux cela à l’échelle locale en utilisant une personne intermédiaire, qui représente un lien avec le reste de la société. Cela peut être un ami, un enseignant et un moniteur de club sportif", précise Bart Somers.

"Bien que Malines compte une importante population musulmane, aucun jeune n’a encore quitté la ville pour se rendre en Syrie. Cela ne veut cependant pas dire que notre approche peut être utilisée telle quelle ailleurs. Mais cela donne de l’inspiration à d’autres autorités locales".

Témoignages de proches de jeunes radicalisés

La mère d’un jeune Anversois parti combattre en Syrie et deux éducateurs de Malines et Vilvorde témoignaient également au congrès malinois. "A Malines, nous travaillons avec des jeunes qui viennent d’un milieu vulnérable dès qu’ils ont 6 ans. Cela peut se passer pendant qu’on leur apporte une aide aux devoirs scolaires ou pendant la récréation", expliquait l’éducateur malinois Nordin.

"Avec les jeunes qui sont un peu plus âgés, nous veillons surtout à leur offrir des lieux de rencontre, où ils peuvent s’exprimer, et à les aider à trouver un emploi. Nous voulons leur montrer que la société les soutient quand ils sont prêts à saisir des opportunités. Ainsi, nous n’avons pas parlé en premier lieu de son comportement à un jeune qui avait fait des déclarations témoignant d’une certaine radicalisation, mais nous lui avons demandé quels étaient ses centres d’intérêt et ses problèmes. Finalement, nous l’avons amené dans un centre sportif et nous l’avons aidé à trouver un emploi. Maintenant, il a vraiment le sentiment d’appartenir à la société, et il sent qu’il a un avenir en Belgique".

Le phénomène plus récent de recrutement de jeunes filles pour la Syrie a également été abordé lors du congrès à Malines. "Nous connaissons déjà la plupart des jeunes hommes qui se radicalisent, ou bien ils sont partis ou ils sont en prison", précisait l’animateur Moad de Vilvorde. "Le grand danger se situe maintenant chez les jeunes filles qui sont isolées et qui cherchent des contacts sociaux, essentiellement via l’internet".