Des chercheurs gantois développent un sucre sain et bon marché

Des chercheurs de l’Université de Gand ont développé une enzyme capable de transformer le sucre en kojibiose, un sucre bien moins calorique, inoffensif pour les dents, et qui stimule des bactéries saines dans le gros intestin.

Le kojibiose est connu de longue date. Jusqu’à présent, il était toutefois difficile à synthétiser, ce qui rendait sa production particulièrement onéreuse. D’après le professeur Tom Desmet de l’Université de Gand, quelques kilos coûtaient ainsi rapidement un million d’euros.

D’après les scientifiques, le kojibiose est un substitut idéal aux édulcorants classiques tels que le saccharose ou le fructose. "Il a un goût sucré, mais contient peu de calories", explique Tom Desmet. "Contrairement au sucre régulier, au fructose ou au saccharose, il n’est pas mauvais pour les dents. Par ailleurs, le kojibiose est bon pour les intestins. Il fonctionne tel un prébiotique et les substances alimentaires qui rendent nos intestins plus sains".

Les prébiotiques jouent un rôle de plus en plus important dans la préventions de maladies telles que le diabète, le cancer, ou celle de Crohn.

Une découverte fortuite

L’équipe du professeur Desmet est spécialisée dans la modification des enzymes. Leur découverte s’est faite par hasard. "Nous nous amusions un peu avec l’enzyme, et comme cela arrive souvent, nous avons remarqué par coïncidence que notre manipulation formait une petite quantité de kojibiose. Nous avons donc essayé d’améliorer l’enzyme afin qu’elle se consacre totalement à la production de cette substance", explique le chercheur.

Grâce à cette découverte gantoise, il est désormais possible de produire du kojibiose à l’échelle industrielle, avec des produits de base particulièrement bons marchés et avec une pureté finale atteignant les 99%. D’après le professeur Desmet, quelques kilos de kojibiose ne coûterait ainsi plus que quelques euros.

L’équipe gantoise va à présent consulter l’industrie alimentaire afin d’examiner la possibilité d’utiliser à terme le kojibiose comme substitut aux sucres traditionnels. Plusieurs entreprises se seraient déjà montrées intéressées.