L’ex-patron de Belgacom, Didier Bellens, est décédé

L’ex-administrateur délégué de RTL Group (2000-2003) et de Belgacom (2003-2013) est décédé dimanche à l’âge de 60 ans des suites d’une longue maladie. Sa direction de l’entreprise publique Belgacom, rebaptisée depuis Proximus, a été couronnée de plusieurs succès mais s’était terminée par une révocation par le gouvernement fédéral pour manquement grave à ses devoirs.

Né en 1955 et diplômé de l'Ecole de commerce Solvay (ULB), Didier Bellens avait débuté sa carrière en 1978 au bureau d'audit Deloitte &Touche. Managing Director auprès du groupe financier Bruxelles Lambert (GBL), il entrait en 1985 dans le holding suisse Pargesa, une entreprise appartenant à Albert Frère et à son partenaire canadien Paul Desmarais.

Après un retour en 1992 au Groupe Bruxelles Lambert (GBL), il entrait dans l'univers des médias en devenant co-président du comité exécutif de CLT-UFA et président du conseil d'administration de Audiofina. Entre 2000 et 2003, il était administrateur délégué de RTL Group, pour reprendre ensuite en 2003 la direction de Belgacom, à la suite du décès de John Goossens.

"Numero uno"" de Belgacom

Sa période à la tête de l'entreprise publique aura été couronnée de plusieurs succès. L’homme de télévision a notamment été à l'origine de Belgacom TV, une offre télévisuelle lancée à l'aide de l'achat des droits du championnat de Belgique de football. Dix ans plus tard, Proximus TV compte 1,7 million de clients et pèse 35% de parts de marché en Belgique.

C'est aussi durant son passage que l'ancienne RTT a été introduite, avec succès, à la Bourse de Bruxelles. Mais sa carrière chez Belgacom n'a pas été de tout repos et s'était même terminée par plusieurs polémiques touchant par exemple à son salaire, qui dépassait allègrement les deux millions d'euros.

Bellens avait ainsi provoqué un tollé après avoir déclaré, lors d'un débat organisé à un Business Club, que le Premier ministre de l’époque, Elio Di Rupo, "s'intéresse aux dividendes de Belgacom comme un petit enfant qui vient chercher sa Saint-Nicolas". Plus généralement, il avait critiqué les incohérences de l'Etat, son principal actionnaire. C’était la goutte d'eau qui faisait déborder un vase déjà bien rempli. Sa situation devenait intenable et le gouvernement fédéral décidait finalement, le 15 novembre 2013, de sa révocation pour manquements graves à ses devoirs.

Le CEO n'avait pas davantage hésité à s'en prendre aux décideurs politiques de Bruxelles, leur reprochant l'absence de 4G dans la capitale de l'Europe. D'autres dossiers avaient écorné son image, comme les soupçons de conflit d'intérêts dans le cadre de la vente par Belgacom d'un bâtiment à Bruxelles à la société Immobel, dont il était l'un des administrateurs. Bellens avait été mis hors de cause par un audit interne, mais avait souffert moralement de cet épisode.

Une autre polémique avait éclaté en 2011 lorsque Didier Bellens avait nommé son assistante, Concetta Fagard, au poste de vice-présidente de Belgacom. Une plainte pour harcèlement était déposée contre la nouvelle vice-présidente. Elle était remerciée, mais Didier Bellens la réintégrait. Fagard était finalement poussée vers la sortie.

Proximus rend hommage à son ancien CEO

L'opérateur de télécoms Proximus a rendu hommage à son ancien administrateur délégué, Didier Bellens, décédé dimanche.

"C'est sous sa direction que Belgacom est entré en Bourse et que la société a lancé en Belgique la télévision digitale interactive", rappelle l'actuelle CEO et successeur de Didier Bellens, Dominique Leroy (photo).

"Dans ces moments difficiles, les pensées du conseil d'administration, de la direction et du personnel de Proximus vont à la famille et aux proches de Didier Bellens", ajoute Proximus.