La police pourra entendre des victimes sous hypnose

La Secrétaire d’Etat à l’Egalité des chances, Elke Sleurs (N-VA), a indiqué vendredi que la police fédérale pourra bientôt interroger aussi sous hypnose des victimes de violences sexuelles qui sont lourdement traumatisées. Deux agents, qui sont déjà spécialisés en hypnose thérapeutique et en techniques d’interrogatoire, vont suivre aux Etats-Unis une formation spécifique en hypnose médico-légale. Il s'agirait d'une première en Europe.

Les victimes, traumatisées, vivent souvent des blocages concernant les faits et les auteurs de violences sexuelles infligées. Un interrogatoire effectué sous hypnose peut être une solution, estime la Secrétaire d’Etat à l’Egalité des chances. "L’interrogatoire sous hypnose est déjà souvent pratiqué aux Etats-Unis, mais en Europe c’est encore nouveau et il n’existe pas de formations spécifiques", précise Elke Sleurs (photo).

L'hypnose est déjà utilisée en Belgique par des psychologues, psychiatres et médecins depuis les années 1990 dans le cadre d'enquêtes judiciaires, mais jusqu'ici principalement dans un but thérapeutique. L'hypnose médico-légale se concentre davantage sur l'enquête. Actuellement, un seul agent en Belgique effectue déjà ce type d’interrogatoires sous hypnose.

Un policier flamand et un collègue francophone, qui ont déjà une certaine expérience en matière d'hypnose thérapeutique, vont donc suivre une formation spécifique en hypnose médico-légale aux Etats-Unis. Les deux agents pourront ensuite être déployés dans tout le pays.

Les victimes de violences sexuelles devront donner leur autorisation à être interrogées sous hypnose.