Journée des droits de la Femme: "cessez de taxer nos règles!"

Un peu plus de 3.000 personnes ont signé la pétition contre la taxe tampon lancée mi-février par le collectif "Belges et Culottées". Les initiatrices du mouvement demandent au ministre des Finances de "cesser de taxer nos règles". La ministre du Droit des femmes à la Fédération Wallonie-Bruxelles soutient l'initiative. Johan Van Overtveldt, quant à lui, s'est pour l'heure contenté d'en accuser bonne réception.

"En Belgique, les coupes menstruelles, les serviettes hygiéniques et les tampons sont taxés à 21%. Nous souhaitons qu'ils soient taxés à 6% ou moins", dénonce le collectif sur sa page Facebook. La taxation à 6% correspond aux produits de première nécessité. "Or, les produits menstruels ne bénéficient pas de cette réduction et sont donc considérés plutôt comme des produits de luxe."

La ministre francophone du Droit des femmes, Isabelle Simonis, soutient l'initiative. Elle a d'emblée signé la pétition. "J'avais d'ailleurs moi-même déjà interpellé le ministre Van Overtvedlt à ce sujet en octobre dernier et j'ai reçu hier/lundi un accusé de réception dans lequel il est dit que le ministre va demander à son cabinet d'instruire le dossier", a indiqué Isabelle Simonis.

"Pas forcément des produits de première nécessité"

Au cabinet du ministre des Finances, on ne considère pas forcément les tampons et autres protections périodiques comme des produits de première nécessité. "Il convient entre autres d'examiner l'impact budgétaire d'un éventuel abaissement de la TVA. 6% n'est qu'une possibilité, 12% est également envisageable", précise la porte-parole du ministre avant d'ajouter qu'à l'heure actuelle, le sujet n'a pas encore été fixé à l'agenda.

Et le combat contre la taxe tampon gagne également l'échelle européenne. La députée Karima Delli du groupe des Verts/Alliance libre européenne en fait son cheval de bataille. "Elle veut faire monter la sauce au plus vite au niveau européen (...) et, mettre la taxation tampon au coeur du débat", a indiqué son assistant parlementaire.

"Un dossier à passer sous la loupe"

Interrogée par la VRT, la secrétaire d'Etat à l'Egalité des chances Elke Sleurs (N-VA) a admis ne pas s'être encore penchée sur le dossier. "Je dois encore en lire davantage. Il va falloir vérifier ce qui est considéré comme un produit de luxe ou comme un produit de base", a-t-elle commenté. 

"Je pense qu'il faut passer la totalité de notre système fiscal sous la loupe. Je n'ai appris que ce matin que cette taxe est injustement élevée. Il faudra donc déterminer qu'est-ce qui peut-être vu comme une nécessité de base pour chaque personne, qu'elle soit un homme ou une femme".