Le contrôle budgétaire retient Charles Michel au pays

Le gouvernement fédéral était une nouvelle fois réuni en comité ministériel restreint vendredi après-midi, pour tenter de cerner l'effort à réaliser pour remettre l'exercice budgétaire 2016 sur les rails. Toutes sortes de chiffres circulent en effet. Pour ne pas perdre de temps précieux, le Premier ministre Charles Michel (MR, photo) et le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) reportent déjà de deux ou trois jours leur départ en Chine, prévu initialement pour le 21 mars.

Alors que le gouvernement fédéral évoquait jusque jeudi une fourchette allant de 2,2 à 3,2 milliards d'euros de déficit dans l’exercice budgétaire 2016, en plein contrôle, le vice-Premier ministre et ministre de l’Economie Kris Peeters (CD&V, photo) déclarait ce vendredi que le montant pourrait se situer bien au-delà.

Le Premier ministre Charles Michel a reporté de deux jours son départ en Chine, pour ne pas perdre de temps précieux pour les négociations budgétaires. Il devait normalement s'envoler le 21 mars avec le ministre des Finances Johan Van Overtveldt et le Secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Pieter De Crem afin de vendre en Chine l'image de la Belgique.

Le comité de monitoring a pointé mardi un effort de 2,2 milliards d'euros à réaliser en 2016 si le gouvernement entend maintenir son objectif budgétaire, à savoir un déficit de 2% du produit intérieur brut (PIB). Mais l'objectif n'avait déjà pas été atteint en 2015. Si l'exécutif en tient compte, afin de se maintenir dans la trajectoire de retour à l'équilibre en 2018, il fait face à un effort global de 3,2 milliards d'euros.

La Commission européenne se montrera-t-elle compréhensive ?

Or, cet effort ne tient pas compte des dépenses exceptionnelles consenties en matière de sécurité (400 millions d'euros) et d'asile (600 millions d'euros). Le gouvernement espère que la Commission européenne l'autorisera à maintenir ces dépenses exceptionnelles hors budget. Mais le vice-premier ministre Kris Peeters est sceptique. Il pense que l'effort total auquel sera confronté le gouvernement fédéral pourrait être bien plus élevé qu'annoncé.

"J'ai le sentiment que le montant pourrait augmenter plutôt que de diminuer", a-t-il indiqué vendredi à l'occasion du conseil des ministres. D'autres partenaires gouvernementaux, dont le vice-Premier ministre et ministre des Affaires Etrangères Didier Reynders (MR, photo) ne partagent pas cette opinion et pensent que la Commission accèdera à la demande du gouvernement.

Les prochains jours et les prochaines semaines seront donc particulièrement tendus. Les réunions en comité restreint succéderont aux réunions de groupes de travail selon un schéma classique, le premier objectif étant de chiffrer précisément l'objectif budgétaire.

L'agenda du gouvernement sera toutefois interrompu la semaine prochaine, alors que se tiendra le Sommet européen sur la crise des migrants. Le 21 mars, une délégation gouvernementale était censée s'envoler pour la Chine. Le départ de cette mission a été reporté de 2 à 3 jours. Le Premier ministre Michel et ses collègues ne partiront que le mercredi 23 ou le jeudi 24 pour une mission écourtée. Ils seront de retour le samedi 26 mars.