Theo Francken redoute une vague d’immigration de Kurdes de Turquie

Le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken (N-VA) est inquiet de l'abolition des visas pour les ressortissants turcs voyageant dans l’Union européenne. "Il n’est pas inconcevable que de nombreux Kurdes de Turquie arrivent en Europe pour y demander l’asile". Theo Francken qui a fait ces déclarations à De Tijd et à la VRT, redoute que cet afflux ne provoque une nouvelle crise de l’asile.

A l'issue du sommet Europe-Turquie à Bruxelles un accord de principe a été passé permettant un régime sans visa pour les citoyens turcs voulant se rendre en Europe, d'ici octobre 2016.

En échange Ankara s'engage à renforcer ses contrôles frontaliers pour les réfugiés et s’engage aussi à accueillir en Turquie, en cas de nécessité, les migrants chassés des îles grecques. Une aide financière non pas de 3 mais de 6 milliards a été promise ainsi qu’une renégociation de l’adhésion de la Turquie à l’UE.

Theo Francken déclare dans De Tijd que ce serait dramatique si  l’accord n'est pas conclu jeudi. En ce qui concerne les critiques selon lesquelles l’UE aurait fait de trop de concessions à la Turquie, Francken ajoute. "J’entends des tas de critiques mais aucune alternative."

Pourtant Theo Francken est inquiet sur un point, le fait que les ressortissants turcs pourront voyager sans visa dans l’Union européenne. "Cette demande n’est pas nouvelle, il avait déjà été promis aux Turcs de pouvoir pénétrer sur le territoire de l’Union européenne sans visa d’ici octobre, même si 70 conditions requises ne sont pas encore remplies".

La Turquie a demandé d’anticiper cette date de juin à octobre mais restent encore les 70 conditions.

Pour Francken cette exigence est dangereuse. En 2009, nous avons libéralisé les visas pour des dizaines de millions d’habitants des pays des Balkans ce qui a conduit à une crise de l’asile. Ce n’est pas évident de faire à présent la même chose pour 80 millions de Turcs. Cela pourrait conduire à une nouvelle crise de l’asile", ajoute Theo Francken. "Il n’est pas inconcevable que de nombreux Kurdes sans visa arrivent en Europe pour y demander l’asile. Ils pourraient d’ailleurs l'obtenir car le régime turc n’est pas tendre avec eux. Nous devons tenir compte de cela. Selon moi on ne peut accorder l’absence de visa aux Turcs que si la Turquie répond à toutes les conditions".

Expulsions collectives jugées illégales par l'Onu

Le projet d'accord UE-Turquie sur les migrants, ébauché lors d'un premier sommet le 7 mars, suscite des questions sur sa compatibilité avec les droits de l'homme. L'Onu a jugé jeudi "illégales" les expulsions collectives envisagées, et plusieurs pays des 28 Etats membres de l'UE se sont inquiétés de possibles compromissions avec le régime islamo-conservateur d'Ankara.