Le gouvernement fédéral cherche 2,2 milliards d’euros

Les principaux ministres du gouvernement Michel se sont concertés lundi toute la journée à propos du contrôle du budget 2016. Ils ont finalement décidé de prendre comme point de départ les chiffres retenus par le Comité de monitoring, à savoir 2,2 milliards d’euros d’économies nécessaires, et non pas 3,2 milliards d’euros.

Aux 2,2 milliards d'euros d’économies nécessaires s’ajoutent environ 200 millions d’euros de corrections positives et négatives portant sur les dépenses de sécurité sociale et les recettes fiscales.

Les ministres fédéraux ont ensuite tenu compte des provisions que l'Europe ne devrait pas retenir dans le calcul du déficit structurel, soit environ 50 millions supplémentaires en matière d'asile et quelque 450 millions en matière de sécurité. A ces montants s'ajoute l'exécution "parfaite" de mesures déjà décidées, c'est-à-dire prises mais pas encore ou partiellement exécutées, notamment la taxe diamant dont l'exécution attend un feu vert européen mais pour laquelle un plan B se prépare, la taxe bancaire ou la taxation des sicafi immobilières.

Le gouvernement veut aussi considérer les mesures qui avaient été promises, mais qui n’ont pas encore été menées à bien. Chaque ministre sera ainsi prié de "nettoyer" son propre service. Le CD&V et Open VLD semblent montrer du doigt la N-VA pour le déraillement, bien qu’ils ne le disent pas ouvertement. Quelque 500 à 700 millions d’euros pourraient peut-être encore être trouvés via des mesures qui n’ont pas encore été réalisées.

Au total, un peu plus d'un milliard peut ainsi être retranché. Le gouvernement se trouve dès lors confronté à un montant tournant autour de 1,3 et 1,4 milliard d'euros, soit un contrôle budgétaire dont l'ampleur est comparable à d'autres exercices antérieurs, soulignait-on.

Les discussions se poursuivent ce mardi sous forme de groupes de travail et de réunions bilatérales. Le programme de mercredi est encore incertain. Une réunion pourrait se tenir en fin de journée pour valider les chiffres. Les journées de jeudi et vendredi seront prises par le conseil européen.

Le travail reprendra ensuite et les ministres entreront dans les discussions politiques sur les mesures à prendre pour combler les trous. Aucun délai n'a été fixé pour l'aboutissement des travaux. L'ambiance était sereine ce lundi, précisait-on, et contrastait avec les déclarations médiatiques des derniers jours.