Pas d’accord entre les partenaires sociaux, le fédéral prend la main

Les libertés syndicales et la liberté d'action ne peuvent en aucun cas être cadenassées, estiment les syndicats FGTB-CSC-CGSLB, alors que les interlocuteurs sociaux ne sont pas parvenus à un accord concernant le 'gentlemen's agreement'. D’après deux des principaux ministres fédéraux, c’est désormais au gouvernement et/ou au parlement de trouver une solution.

Les organisations syndicales affirment avoir cherché, au sein du Groupe des 10, à renforcer au maximum la place de la concertation sociale à tous les niveaux (interprofessionnels, sectoriels, dans l'entreprise) pour tenter d'éviter d'en arriver à mener des actions collectives.

"Les organisations syndicales ne se sont jamais opposées à ce qu'on évalue l'accord de 2002 et que l'on puisse reformuler certaines règles encadrant les actions menées en cas de conflits collectifs. Mais elles ne peuvent accepter que cet encadrement signifie une remise en question du droit de grève", explique le front commun syndical, dans un communiqué.

"Comme organisations syndicales, nous n'avons jamais appelé à mener des actions illégales ou répréhensibles. Nous rejetons toute forme de violence, de quelque nature que ce soit. Nous reconnaissons que personne ne peut utiliser une action collective pour faire pression sur d'autres afin de les forcer à poser des actes illégaux et/ou juridiquement punissables", précise-t-il. Les syndicats socialiste, chrétien et libéral ajoutent qu'il ne leur appartient pas de se substituer au pouvoir judiciaire quand il s'agit de sanctionner des comportements inadéquats.

Les syndicats rappellent qu'ils défendent le principe de solidarité entre les travailleurs. "Il ne peut être question pour nous d'exclure qui que ce soit de participer aux actions collectives. Nous pensons ici aux intérimaires et aux sous-traitants", soulignent la FGTB, la CSC et la CGSLB. "Des syndicats forts sont indispensables à une juste redistribution des richesses et à la réduction des inégalités", concluent-ils.

Le gouvernement et/ou le parlement vont reprendre le dossier

C'est désormais au gouvernement et/ou au parlement de trouver une solution pour régler l'exercice du droit de grève après l'échec enregistré au sein du "groupe des 10" dans les discussions visant à actualiser l'accord qui détermine ce qui est permis lors d'un conflit social, ont affirmé mercredi deux des principaux ministres du gouvernement fédéral.

"C'est terminé de demander aux partenaires sociaux de trouver une solution. On leur a demandé deux, trois fois. Maintenant on a constaté que ce n'est pas possible. C'est maintenant à nous le gouvernement et peut-être aussi au parlement de trouver des solutions adéquates", a affirmé le vice-Premier ministre Kris Peeters (CD&V) à son arrivée à une réunion du Conseil national de sécurité, convoqué à la suite de la fusillade de mardi à Forest.

"Il appartient maintenant au gouvernement et/ou au parlement de voir comment prendre le dossier en charge", a renchéri son homologue MR, Didier Reynders, devant quelques journalistes.

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