Enquête sur quatre policiers anversois pour faits graves

Les quatre agents se seraient rendus coupables de vols avec violence et extorsion de fonds sur des réfugiés et des personnes sans papiers, dans la zone d’Anvers-Nord et Borgerhout. A la police anversoise, personne ne veut confirmer officiellement les faits pour lesquels ils ont été arrêtés. Trois des agents demeurent en détention, le quatrième a été libéré sous conditions. Le chef de groupe de Groen au conseil communal anversois, Wouter Van Besien, réclame davantage de transparence.

Une enquête a été ouverte à l’encontre de quatre agents de la police anversoise et les quatre policiers ont été arrêtés à la suite de plusieurs mois de surveillance interne. "Les suspects sont impliqués dans des faits très graves, qui ont été perpétrés pendant leur service et en uniforme", confirmait le chef de corps Serge Muyters (photo).

Le bourgmestre de la métropole, Bart De Wever (N-VA, photo), qualifiait les faits de "sérieux" qui, s’ils se confirment, "sont les pages les plus noires de l’histoire de notre police". Personne ne veut cependant confirmer officiellement la nature des faits.

Diverses sources parlent de menaces et d’extorsion de fonds sur des réfugiés et des personnes en séjour illégal en Belgique. Les agents travaillaient dans la zone anversoise City (Anvers-Nord et Borgerhout), où séjournent beaucoup de personnes vulnérables, comme des réfugiés et des sans-papiers. Les agents auraient choisi systématiquement des victimes dont ils savaient qu’elles ne porteraient pas plainte à leur encontre.

Selon une source anonyme et non-confirmée mentionnée dans le quotidien Het Nieuwsblad, les quatre agents auraient effectué des sortes de razzias dans des petits cafés et emmené leurs victimes dans des endroits abandonnés, où ils les ont menacées et volées. Celles qui opposaient une résistance auraient reçu des coups violents. Les victimes auraient ensuite été déposées dans la nature.

Les faits, perpétrés en uniforme, auraient été découverts après que les agents impliqués aient été mutés, l’an dernier. Ils ont comparu ce jeudi devant le juge d’instruction, qui a décidé de maintenir trois d'entre eux en détention. Le quatrième a été libéré, sous conditions. 

Van Besien réclame davantage de transparence

Ni la police ni le parquet ne veulent actuellement confirmer les informations ou se prononcer sur la nature des faits perpétrés par les quatre agents. Le chef de corps Serge Muyters et le bourgmestre Bart De Wever ne veulent pas non plus donner de commentaire. Wouter Van Besien (photo), chef de groupe de Groen au conseil communal anversois, réclame davantage de transparence.

"Les Anversois sont assez adultes que pour pouvoir juger par eux-mêmes. C’est pourquoi j’attends, bien entendu avec tout le respect nécessaire pour les besoins de l’enquête, davantage de transparence et de franchise. Je demande au bourgmestre, sans pour autant qu’il révèle l’identité des agents suspectés, d’indiquer la nature des faits commis, le moment où ils ont été signalés et la façon dont le corps de police veut les traiter".

Van Besien estime que pareille transparence serait bien meilleur pour la confiance accordée au corps de police que l’étrange communication qui est de mise actuellement.