"La lutte contre la menace terroriste continue"

L’arrestation de Salah Abdeslam, vendredi après-midi, ne modifie actuellement pas la menace terroriste subsistante, a estimé l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM), suivi par le conseil national de sécurité. Le niveau de la menace est donc maintenu à 3 en Belgique, a annoncé le Premier ministre Charles Michel (photo) ce samedi matin. Ce qui veut dire que le danger d’attentats reste "possible et probable".

Le conseil national de sécurité s’est réuni ce samedi matin, à l'invitation du Premier ministre Charles Michel. Il s’est penché sur les conclusions de l'Organe de coordination pour l’analyse de la menace OCAM après l'arrestation vendredi à Molenbeek de suspects liés aux attentats de Paris, dont Salah Abdeslam, l'homme le plus recherché d'Europe.

Présidé par le Premier ministre, le conseil national de sécurité comprend les ministres ayant dans leurs attributions la Justice, la Défense, l'Intérieur et les Affaires étrangères, et les vice-Premiers ministres qui n'ont pas ces matières dans leurs compétences. Charles Michel a ensuite annoncé que le niveau de la menace était maintenu à 3 en Belgique, soulignant que c’est presque le plus haut niveau.

"Actuellement, nous sommes particulièrement soulagés", déclarait le Premier ministre, "heureux que les terroristes aient été pris vivants" afin de lancer les procédures judiciaires. "Mais nous devons certainement rester alertes. La lutte contre la menace terroriste continue. Nous restons déterminés".

Charles Michel a remercié les services de sécurité, mais aussi les habitants des communes bruxelloises de Molenbeek et Forest pour leur calme pendant les opérations de police, mardi et vendredi. D’après Michel, le fait d’avoir retrouvé Abdeslam n’est pas "le fait du hasard", mais "le fruit d’un travail gigantesque » mené notamment par 300 à 400 enquêteurs".

Vendredi soir, le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (photo), avait pour sa part laissé entendre que l’arrestation d’Abdeslam n’aurait vraisemblablement pas d’influence directe sur le niveau de menace terroriste.

Extradition d’Abdeslam vers la France ?

A la question de savoir si la Belgique allait extrader Salah Abdeslam, comme la France le réclamait dès vendredi soir par l’intermédiaire de son Président François Hollande, Charles Michel répondait ce samedi : "Je n’ai pas d’argument politique contre pareille extradition, mais les procédures doivent être respectées. Nous faisons tout ce qui est possible pour bien collaborer avec la France. Mais l’extradition pourrait se faire attendre encore quelques semaines".

Ce samedi, le ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve (photo), a également déclaré que l’arrestation du suspect européen n°1 était "un coup important porté à l’organisation terroriste Daech en Europe", ajoutant que "Salah Abdeslam devra répondre de ses actes devant la justice française".

La Belgique "fera en sorte de répondre le plus favorablement possible, en vertu des accords internationaux", à la demande de la France visant à ce que Salah Abdeslam - le seul des dix terroristes ayant semé la mort à Paris la nuit du 13 novembre à avoir survécu - lui soit livré rapidement, a répondu le ministre belge des Affaires étrangères, interrogé par BFMTV. Didier Reynders (MR) évoquait une arrivée du suspect à Paris « dans les semaines à venir ».

"Nous ferons en sorte de répondre à cette demande le plus favorablement possible en vertu des accords internationaux", a assuré Didier Reynders en évoquant une arrivée d'Abdeslam à Paris "dans les semaines à venir".