Reynders juge déplorable une attaque d’un député français

Le ministre des Affaires Etrangères Didier Reynders (MR, photo) a jugé "déplorables" les commentaires du député français Alain Marsaud (LR) qui a mis en cause l’action des services de renseignement belges dans la traque de Salah Abdeslam, suspect lié aux attentats de novembre à Paris, qui a été arrêté vendredi à Bruxelles. "Il ne sert à rien de chercher des boucs-émissaires", estime Reynders.

Le député français Alain Marsaud avait déclaré que "soit Salah Abdeslam était très malin, soit les services belges étaient nuls".

Jugeant cette attaque "déplorable", le ministre belge des Affaires étrangères l'a trouvée d'autant plus "malvenue que les services belges ont agi avec succès lors d'une opération qui a nécessité un cadre particulièrement contraignant et non dénué de risques, eu égard à l'objectif d'attraper les suspects vivants". Cette action "doit permettre aux familles des victimes de se voir offrir la perspective d'avoir un jour à Paris un procès où comparaîtront un certain nombre de personnes, cela permet d'éviter des condamnations par contumace".

Fustigeant la "naïveté des Belges", Alain Marsaud (Les Républicains) est un spécialiste de la lutte antiterroriste en tant qu'ancien magistrat au Parquet de Paris. "Je suppose que quand il était à la tête de l'antiterrorisme à Paris, il a pu déjouer de nombreux attentats", a souligné Didier Reynders. Les opérations menées au cours de derniers jours et des dernières semaines ne sont "pas le fruit du hasard", elles ont permis de débusquer un certain nombre de cellules et "il y en a peut-être d'autres".

Il ne sert à rien de chercher des "boucs-émissaires", estime le chef de la diplomatie, appelant à "ouvrir les yeux des deux côtés de la frontière face aux problèmes de radicalisation dans certains quartiers de Bruxelles et la banlieue de Paris". Paris a accepté de livrer à la Belgique le Français Mehdi Nemmouche (soupçonné d'être l'auteur de l'attentat du Musée juif à Bruxelles) et demande à présent l'extradition du Français Salah Abdeslam.

"Mehdi Nemmouche venait de France, les attentats de janvier à Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher n'ont pas été organisés en Belgique, et en ce qui concerne les attentats de novembre, la France et la Belgique travaillent ensemble", a fait observer Didier Reynders.

Ce dernier rappelle par ailleurs avoir été un des premiers à attirer l'attention sur la montée de la radicalisation dans certains quartiers (il avait constaté "l'échec de l'intégration" à Bruxelles). "Je l'ai fait de manière plus ou moins spectaculaire, j'ai été accueilli avec le déni, j'observe aujourd'hui l'évolution de certains éditorialistes", conclut le vice-Premier ministre libéral.