Fayçal Cheffou se déclare innocent, selon son avocat

Fayçal Cheffou, le journaliste indépendant inculpé vendredi du chef de participation aux activités d'un groupe terroriste, assassinats terroristes et tentative d'assassinats terroristes, se déclare innocent des faits qui lui sont reprochés, a indiqué mardi son avocat Olivier Martins. Le parquet fédéral a fait savoir lundi qu'il avait été remis en liberté mais restait inculpé.

Me Martins rapporte que son client se dit totalement innocent, contre Daesh et assure n'avoir aucun lien avec les terroristes impliqués dans les attentats. Il était avec un couple d'amis en voiture quand il a été appréhendé jeudi devant le parquet fédéral. Me Martins l'avait précédemment défendu en justice pour des faits qu'il qualifie de mineurs.

Alors que Fayçal Cheffou a été décrit par certains, dont un chauffeur de taxi, comme "l'homme au chapeau" présent à l'aéroport national aux côtés des kamikazes avant l'attentat qui y a été commis, son avocat a demandé à faire des vérifications via la téléphonie, les empreintes, l'ADN et la physionomie, dont la taille.

Fayçal Cheffou a notamment affirmé avoir reçu des appels chez lui au moment des attentats. Son avocat a proposé de tracer ses appels afin de prouver qu'il ne se trouvait pas à l'aéroport de Zaventem. Il a également suggéré de comparer les empreintes de son client à celles sur le chariot poussé dans le hall des départs par "l'homme au chapeau".

Fayçal Cheffou est bien passé à proximité de la station de métro Maelbeek juste après qu'un kamikaze s'y est fait exploser. Mais, selon Me Martins, c'est parce qu'il habite tout près des lieux.

"Manifestement, le juge d'instruction a estimé que les résultats déjà obtenus sont à décharge et a décidé sa remise en liberté hier (lundi)", a rapporté Me Martins. "Quand j'ai eu le juge d'instruction hier, il m'a simplement dit que les devoirs en cours était à décharge, mais on n'est pas rentrés dans les détails. (...) Si on avait retrouvé une de ses empreintes dans l'appartement (perquisitionné mardi rue Max Roos à Schaerbeek, NDLR), on le saurait et il n'en a jamais été question au cours des interrogatoires.

La reconnaissance formelle par le chauffeur de taxi sème pour moi les germes de l'erreur judiciaire", a ajouté l'avocat.

Fayçal Cheffou dément par ailleurs avoir recruté des candidats au djihad armé dans le parc Maximilien à Bruxelles. Un arrêté du bourgmestre avait été pris à son encontre en septembre pour l'empêcher d'entrer dans ce parc transformé en camp pour les migrants. Il avait notamment été impliqué dans une bagarre. Fayçal Cheffou avait alors contacté l'agence Belga pour justifier son rôle d'agitateur et dénoncer des manques de communication entre les organisateurs de la plateforme citoyenne mise en place pour aider les réfugiés et ces derniers. Des groupements de sans-papiers avaient également fait état de mécontentements et de désaccords avec les organisateurs, aplanis par la suite.