Crise des réfugiés: l’accord avec la Turquie pourrait être remis en question

L'Union européenne doit renégocier l'accord conclu avec la Turquie sur les réfugiés si Ankara renvoie effectivement des milliers de Syriens vers leur pays en guerre, comme l'affirme l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International (AI), a déclaré vendredi le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken.

Selon Amnesty, les autorités turques rassemblent et expulsent presque chaque jour depuis la mi-janvier une centaine d'enfants, de femmes et d'hommes syriens vers la Syrie. Des délégués de l'ONG ont recueilli plusieurs témoignages faisant état de renvois collectifs depuis le département du Hatay, au sud de la Turquie.

Les expulsions forcées vers la Syrie sont illégales, que ce soit en vertu du droit turc, européen ou international, rappelle l'organisation dans un rapport publié vendredi.

Pour Amnesty, cette pratique illustre "les profondes failles de l'accord récemment signé par la Turquie et l'Union européenne".

Vers l’annulation de l’accord ?

Si cela est exact, "il faudra renégocier (l'accord conclu le 18 mars entre l'UE et la Turquie pour freiner l'afflux de migrants en Europe), soyons clair", a affirmé vendredi M. Francken (N-VA) à la VRT-radio.

Cet accord prévoit le retour en Turquie de migrants et de réfugiés parvenus en Europe via les îles grecques. Pour chaque Syrien renvoyé en Turquie, un Syrien sera envoyé en Europe via un corridor humanitaire.

"S'il apparait que la Turquie renvoie depuis des mois à grande échelle des Syriens sans leur accorder de protection, cela pose un problème car la Grèce ne considère pas la Turquie comme un pays tiers sûr. La Cour de justice de l'Union européenne cassera cet accord et nous ne serons nulle part", a ajouté M. Francken.