L'introduction de la taxe kilométrique sème le chaos sur les routes

Plusieurs grands axes sont bloqués pas des poids-lourds, notamment à la frontière avec les Pays-Bas, où certains conducteurs ne possèdent pas encore le boîtier OBU requis pour prélever la nouvelle redevance kilométrique, de mise depuis ce 1er avril.

Des files de camions sont enregistrées à la frontière néerlandaise, sur la E19, la E34 et la E314, parce que certains conducteurs de poids lourds ne disposent pas encore d'un boîtier OBU et descendent de leur camion pour aller en acheter un.

L'appareil peut être acheté en ligne, mais aussi à des automates aux frontières. Satellic, l'entreprise qui fournit les boîtiers OBU, reconnaît les problèmes de vendredi matin. "Certains automates ont été rapidement vides", souligne le porte-parole Benoit Lempkowicz. "Nous organisons la livraison de nouveaux appareils, mais cela prendra naturellement un peu de temps."

La Wallonie également touchée

Des chauffeurs poids-lourds bloquent plusieurs accès en Wallonie vendredi matin, pour protester contre l'entrée en vigueur de la taxe kilométrique. C'est le cas sur la E411, fermée à hauteur de Achêne dans les deux sens, et de plusieurs zonings, à Villers-le-Bouillet, Bastogne, Courcelles et Tournai-ouest.

Sur la N4, des chauffeurs poids-lourds manifestent également à Pessoux, où la chaussée est fermée à hauteur du "Trebuchet". Les sorties Pessoux sont fermées. Des barrages filtrants sont encore installés sur la N5 à Brûly (frontière vers la France) et sur la N97 à Onhaye.

Enfin, l'accès à plusieurs zonings est bloqué, à Villers-le-Bouillet, au rond-point de Herstal, à Bastogne, à Courcelles et à Tournai-Ouest. Les camions peuvent entrer mais pas sortir de ces zonings. Ils se trouvent donc sur les accotements aux abords de ces lieux de distribution, précise la police. Cela pourrait engendrer des remontées de file dans les sorties d'autoroute.

Mécontentement

Le système de prélèvement kilométrique pour poids lourds, d'application depuis ce vendredi, est "techniquement pas au point, cher et sans impact sur la mobilité", dénonce Comeos, la fédération du commerce et des services. Les organisations professionnelles du transport, elles, ont demandé en vain le report de son entrée en vigueur.

Les trois organisations professionnelles du transport et de la logistique, Febetra, UPTR et TLV, ont fait connaître de longue date leurs réticences à l'égard du système de prélèvement kilométrique mis en place pour les camions de plus de 3,5 tonnes par les Régions du pays.

Elles craignent qu'il affaiblisse plus encore leur position concurrentielle et, au surplus, dénoncent toutes des soucis d'ordre technique.

D’après Fabrice Ausloos, gérant d'une société de transports basée à Villers-le-Bouillet, "cette taxe ne fonctionne pas à la base. Les boîtiers, il faut les commander sur Internet. La géolocalisation ne fonctionne pas non plus. Cette taxe est énorme, on ne pourra pas faire autrement que de la répercuter dans les prix, et donc sur le client finalement."