Panama Papers : 732 Belges et des expats exposés

Une énorme fuite de documents provenant essentiellement de la société d’avocats Mossack Fobnseca basée au Panama - révélée dimanche soir par plusieurs médias belges en partenariat avec l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ), dévoile des montages financiers obscurs offshore réalisés depuis les années 1970 dans des paradis fiscaux tels que le Panama dont auraient bénéficié notamment 12 chefs d’Etat encore en exercice, mais aussi 732 Belges et quelques étrangers vivant dans notre pays.

Les bénéficiaires se trouvant derrière plus de 214.000 sociétés offshore situées dans 21 paradis fiscaux ont été révélés dimanche soir par quatre médias belges en partenariat avec l'International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ). L’affaire a été baptisée #PanamaPapers sur Twitter.

Les informations émanent d'une énorme fuite de documents financiers (2,7 millions de megabytes de données), qui serait 1.500 fois plus vaste que WikiLeaks en 2010, d’après le quotidien Le Soir. Les quelque 11,5 millions de documents, d'abord obtenus par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung avant d'être répartis au sein du Consortium, proviennent du cabinet d'avocats Mossack Fonseca (photo), établi au Panama, qui aurait opéré pendant 40 ans sans jamais avoir d'ennuis avec la justice.

Le bureau d’avocats emploie 600 personnes dans 42 pays, et notamment aux Etats-Unis, en Chine et en Europe. Il collabore avec 300.000 entreprises et les administrations fiscales de nombreux pays.

Des révélations frapperaient le Premier ministre d'Islande, qui a caché durant la crise financière qu'il possédait via une société offshore des obligations bancaires émises par les trois grandes banques qui ont mis l'Islande en difficulté en 2008. L'entourage du président russe Vladimir Poutine est éclaboussé: il aurait détourné plus de 2 milliards de dollars avec l'aide de banques et de sociétés-écran.

Mais le footballeur Lionel Messi y figure également. Sont également épinglés: le magnat de l'acier Lakshmi Mittal, le Premier ministre du Pakistan Nawaz Sharif, le roi Salman d'Arabie saoudite (photo), le président argentin Mauricio Macri, le président ukrainien Petro Porochenko, l'ancien Premier ministre irakien Ayad Allawi ou son homologue ukrainien Pavlo Lazarenko.

Plus d’un millier de sociétés écrans

En Belgique, quelque 732 Belges se partagent 1.144 sociétés écrans, annoncent Le Soir, Knack, MO* et De Tijd. Il s'agit de "grandes fortunes, artistes, nobles et héritiers, médecins et pharmaciens, comptables et experts fiscaux, rois du textile, académiques et quelques hommes de médias, des diamantaires et capitaines d'industrie et quelques repris de justice connus", précise Le Soir.

Le nom du metteur en scène louviérois Franco Dragone (photo), très actif par le passé au sein du Cirque du Soleil canadien, est l’un des premiers à émerger, rapporte Le Soir dans son édition de ce lundi.

Les sociétés offshore belges sont basées principalement dans les îles Vierges britanniques (539), au Panama (314) et aux Seychelles (177), selon De Tijd.

Les détenteurs belges de ces sociétés sont principalement regroupés dans la Région bruxelloise (178), à Anvers (161), dans le Brabant flamand (47), puis la Flandre occidentale (35). La Wallonie serait moins concernée, selon De Tijd. Il existerait des dossiers dans chaque province et des détenteurs de sociétés offshore dans pas moins de 207 des 589 communes du pays, écrit encore Le Soir.

"Ces révélations montrent à quel point des pratiques nocives et la criminalité sont profondément enracinées dans les places offshore", selon Gabriel Zucman, un économiste de l'université de Californie à Berkeley cité par l'ICIJ. Ces prochains jours, d’autres documents pourraient encore être publiés.

AP2002