"Tout est mis en œuvre pour retrouver une vie normale"

Au cours d’une conférence de presse commune, le Premier ministre Charles Michel et le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (photo) ont tenu ce mercredi à défendre l’image de la Belgique et de sa capitale face à une presse internationale restée très critique ces deux semaines qui ont suivi les attentats du 22 mars à Zaventem et dans la station de métro Maelbeek. Ils ont déclaré que tout était mis en œuvre pour revenir au plus vite à une vie normale, mais aussi pour parvenir à une exploitation maximale du métro bruxellois dès la semaine prochaine.

Les activités ont repris dimanche à l'aéroport de Bruxelles-National et atteindront un tiers de leur potentiel dès ce week-end, alors que le métro, actif avec un nombre limité de stations et dans un cadre horaire restreint, sera à nouveau pleinement opérationnel dès la semaine prochaine - moyennant un suivi rehaussé de patrouilles mixtes militaires-policiers, déclaraient Charles Michel et Rudi Vervoort ce mercredi.

Il y a eu un "échec", un drame pour les familles et le vivre ensemble, puisqu'il y a eu attentat, et il faudra "tirer des leçons" mais il faut aussi être conscient du travail exercé jusqu'ici par les services de sécurité. Ils ont permis, avec l'arrestation de Nizar Trabelsi (photo) en 2007, d'éviter probablement un attentat à l'ambassade américaine de Paris, et avec l'opération de Verviers (janvier 2015), de déjouer d'autres funestes projets, a rappelé Charles Michel.

Le gouvernement fédéral avait pris trente nouvelles mesures pour lutter contre le terrorisme après les attentats de Charlie Hebdo et de Paris, et la sécurité sera encore rehaussée, a dit le Premier ministre, invitant à se "serrer les coudes". Charles Michel et Rudi Vervoort ont tenu à exprimer un même message à l'adresse de ceux qui ont pointé les failles du système institutionnel belge et le laxisme à l'égard d'une certain frange de la société.

Contrecarrer les critiques

"Ce que l'on ressent à Bruxelles ne ressemble pas à ce que l'on dit de Bruxelles, singulièrement à l'international", a observé le ministre-président de la Région-capitale qui s'est félicité de ce que, contrairement au 'lockdown' qui avait suivi les attentats de Paris en novembre, la ville était "restée debout" sur le plan économique et dans son offre scolaire et de services publics après les attentats du 22 mars.

Le Premier ministre a loué l'action du gouvernement fédéral et des Régions qui, à travers leurs initiatives, permettront de relancer la croissance et l'emploi bien plus qu'une énième réforme de l'Etat qui n'aurait pas permis d'éviter les attentats de Bruxelles. Ce qu'il faut en revanche, c'est améliorer l'échange d'informations entre les services, voire créer un FBI européen, mieux contrôler les frontières extérieures de l'Europe, enregistrer et échanger les données des passagers (PNR).

Cette sorte d’anti-"Belgium Bashing" n'a pas paru convaincre l'entièreté de la presse internationale venue en nombre mercredi au Résidence Palace, à deux pas de la station Maelbeek. Certaines questions parfois virulentes, de la presse française, suisse, allemande, italienne ou anglo-saxonne notamment, sur l'état de quasi-faillite de la Belgique politique et judiciaire ont eu le don d'irriter le Premier ministre.

Il a souligné que Salah Abdeslam (photo) avait été retrouvé en Belgique après quatre mois de traque, alors que les Américains avaient eu besoin de dix ans pour venir à bout d'Oussama Ben Laden, après les attentats de New York ayant fait 3.000 morts le 11 septembre 2001. Il y a malheureusement aussi eu des attentats à Paris, Londres, Madrid, a rappelé Le Premier ministre. "Il n'y a pas 'un' pays dramatiquement défaillant", a conclu Charles Michel.

Vers une exploitation maximale du métro

Tout est mis en œuvre pour une exploitation maximale du métro, en lignes et en horaires, dès la semaine prochaine, a indiqué pour sa part le ministre-président bruxellois, Rudi Vervoort.
Cette option du retour à une pleine exploitation a été validée par le Conseil national de sécurité, a confirmé Charles Michel.

Le problème pour un retour à une offre de service complète n'est pas de nature "technique" - la société bruxelloise de transport Stib est prête - mais répond à une nécessité "opérationnelle", celle de pouvoir rehausser la sécurité avec une capacité militaire et policière suffisante, a précisé Vervoort. Des contacts sont encore en cours avec le Conseil national de sécurité et le Centre de crise.

"Le Conseil national de sécurité a validé les demandes de sécurité", a indiqué Charles Michel, annonçant la mise en place de "patrouilles mixtes policiers-militaires". Le Premier ministre a également confirmé la reprise progressive des activités à l'aéroport de Bruxelles-National. Celles-ci atteindront jusqu'à un tiers du potentiel dès le week-end prochain, avec une reprise totale des activités de Brussels Airlines.