Didier Bellens aussi cité dans les Panama Papers

L’ancien CEO de Belgacom (photo) - rebaptisé entretemps Proximus -, Didier Bellens (décédé en février dernier), a été directeur de deux sociétés offshore implantées aux îles Vierges britanniques alors qu’il était à la tête de l’entreprise publique de télécommunications. C’est ce qu’indiquent les médias De Tijd, Knack, Mo* et Le Soir qui se sont penchés sur le volet belge des documents qui ont fuité du bureau d’avocats panaméen Mossack Fonseca, orchestrateur de montages financiers obscurs dans des paradis fiscaux. D'autre part, des exilés fiscaux français établis en Belgique sont également épinglés.

Entre le 14 juin 2007 et le 2 juin 2015, Didier Bellens a été l'un des directeurs de Calpe Investment et Calpe Management (depuis août 2007), selon un fax envoyé au bureau d’avocats panaméen Mossack Fonseca par une fiduciaire de Gibraltar, écrit Le Soir ce jeudi.

Parmi les personnalités assurant la gestion de ces deux entités figure notamment Giovanni Paganini Marana, un trader ayant perdu quelque 120 millions d'euros appartenant à ses clients avant de se suicider en septembre 2012.

Calpe Investment Limited est un "holding d’actions et d’investissement" qui avait été créé avec l’aide d’un conseiller à Gibraltar, autre paradis fiscal. Il s’agissait d’une construction écran pour des investissements qui étaient en réalité effectués depuis la Belgique et la Suisse. Dans les îles Vierges, ce fonds n’existait que sur papier, avec une adresse postale de Mossack Fonseca.

Un autre financier, qui n'est pas nommé et qui a été condamné en septembre 2012 à 900.000 livres de pénalité par un tribunal londonien pour "manipulation de marché, apparaît également dans l'organigramme de ces deux sociétés offshore.

Didier Bellens a démissionné de ses fonctions dans les deux sociétés en juin 2015, après avoir quitté la tête de Belgacom en novembre 2013. Contacté par Le Soir, Proximus affirme ne jamais avoir été mis au courant par Bellens de ces activités dans les deux sociétés.

Des exilés fiscaux français établis en Belgique épinglés

Plusieurs riches français installés en Belgique ont également eu recours aux services du cabinet panaméen Mossack Fonseca, selon des révélations du Soir, Knack, De Tijd et MO* également disponibles dans le quotidien français Le Monde. La famille Bongrain, Waldemar Kita et Jean-Denis Sarraquigne figurent parmi les personnalités citées dans les "Panama Papers".

Alex Bongrain, le PDG de Savencia - deuxième groupe fromager français célèbre pour son produit "Caprice des dieux" -, est installé en Belgique depuis 1988. Lui et d'autres membres de sa famille ont créé au total six sociétés offshore dans quatre paradis fiscaux différents au cours des vingt dernières années. De l'argent en provenance de ces structures était rapatrié dans les holdings belge et néerlandais de la famille, via des prêts sans intérêt.

Waldemar Kita (photo), le président du club de football du FC Nantes, et Jean-Denis Sarraquigne, ancien propriétaire d'un célèbre café de Saint-Tropez, ont eux eu recours à une société luxembourgeoise afin de créer une entité aux îles Vierges britanniques, dans le but de loger leurs yachts respectifs.

AFP