"Ce n’est qu’au stade de France que Salah a réalisé ce qu’il s’apprêtait à faire"

Le père et un grand frère de Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats du 13 novembre à Paris, se sont confiés sur les événements au micro de la radio française Europe 1. Les entretiens ont été diffusés dimanche. Interviewé à la sortie de la prison de Bruges où est incarcéré son fils, le père de Salah Abdeslam, âgé de 67 ans, espère que celui-ci va "s'exprimer devant la justice".

"Il va être jugé", "c'est la justice", celui "qui a fait quelque chose, il doit payer", a-t-il déclaré, "j'espère que tout le monde va parler". "Je ne sais pas comment les enfants sont rentrés (...) dans les magouilles comme ça, vraiment je ne comprends pas ce qui se passe dans leur tête", a-t-il ajouté.

Après son fils, arrêté le 18 mars à Bruxelles, l'un de ses amis de longue date, Mohamed Abrini, soupçonné d'avoir participé aux attentats de Paris, mais aussi de l'aéroport de Bruxelles, a été interpellé vendredi à Anderlecht.

"Malade", le père de Salah Abdeslam a dit qu'il ne sortait "presque pas" actuellement, répétant qu'il est "triste". "Moi je suis ici depuis 40 ans en Belgique, on était là, on était heureux, on était bien, on sortait, on rigolait, maintenant on ne peut même pas sortir de chez nous", a-t-il déclaré.

"Entraîné par Brahim"

Yazid Abdeslam accompagne souvent ses parents à la prison de Bruges depuis l'interpellation de son frère, révèle également Europe 1. Salah lui a confié s'être fait "entraîner par leur frère Brahim".

Il n'était pas au courant du projet d'attentat et n'a réalisé que devant le stade de France ce qu'il s'apprêtait à faire. Il a alors décidé de faire marche arrière et de rentrer à Bruxelles, selon des propos rapportés par Yazid Abdeslam. Celui-ci a réaffirmé le souhait de son frère d'être remis à la France au plus vite et de collaborer avec les enquêteurs.

Ce transfèrement a été entériné par la justice belge, mais celle-ci souhaite entendre Salah Abdeslam au moins dans l'enquête sur la fusillade survenue à Forest trois jours avant son arrestation.