Les terroristes de Bruxelles voulaient en fait frapper la France

C’est dans l’urgence, à la suite de l’arrestation de Salah Abdeslam, que la cellule djihadiste basée à Bruxelles aurait décidé de lancer des attaques dans la capitale belge. L’information a été confirmée par le parquet fédéral qui a également indiqué que Mohamed Abrini, arrêté vendredi dernier à Anderlecht, était bien "l’homme au chapeau".

Mohamed Abrini a été inculpé de participation aux activités d'un groupe terroriste, d'assassinats terroristes et de tentatives d'assassinats terroristes dans le cadre du dossier des attentats de Bruxelles et Zaventem, a indiqué ce dimanche le parquet fédéral. L’homme avait déjà été inculpé et placé sous mandat d'arrêt dans le dossier des attentats de Paris.

Le parquet fédéral confirme qu'il ressort de plusieurs éléments de l'enquête que l'objectif du groupe terroriste était de frapper à nouveau la France et que, "pris de court par l'enquête qui avançait à grands pas", ils ont finalement décidé dans l'urgence de frapper Bruxelles.

Un peu plus de quatre mois après les tueries parisiennes qui ont fait 130 morts, la police belge avait frappé un grand coup avec l'arrestation de Salah Abdeslam, le principal suspect, à Bruxelles le 18 mars. Quatre jours plus tard, un double attentat-suicide à l'aéroport international de Bruxelles-Zaventem et un kamikaze dans une station du métro au coeur du quartier européen ont fait 32 morts dans la capitale belge.

Vendredi, la justice belge avait capturé dans la commune d'Anderlecht Mohamed Abrini, un Belgo-Marocain de 31 ans, ami d'enfance des frères Abdeslam, activement recherché depuis les attentats de Paris. Il était recherché depuis les attentats de Paris. Abrini était notamment visible sur des images de vidéo-surveillance en compagnie de Salah Abdeslam deux jours avant les faits (photo).

Déjà inculpé dans le volet français, Mohamed Abrini l'est également désormais dans le volet belge, pour "participation aux activités d'un groupe terroriste, d'assassinats terroristes et de tentatives d'assassinats terroristes".

Abrini affirme être "l'homme au chapeau"

Le terroriste présumé a reconnu lors de ses auditions être le troisième homme qui accompagnait les deux kamikazes de l'aérogare. Il a dit être "l'homme au chapeau" que les enquêteurs cherchaient à identifier à l'aide d'images de vidéosurveillance.

"Le parquet fédéral est à présent en mesure de confirmer que Mohamed Abrini est le troisième homme présent lors des attentats à l'aéroport de Bruxelles National. Il a été confronté aux résultats de diverses expertises et a reconnu sa présence lors des faits", selon le parquet fédéral.

L'intéressé a précisé aux enquêteurs avoir "jeté sa veste dans une poubelle et revendu son chapeau ensuite", poursuit le communiqué du parquet fédéral.

Une couverture pour protéger le réseau ?

L'analyste Pieter Van Ostayene juge que le fait que Mohamed Abrani soit le troisième homme responsable des attentats à Brussels Airport peu crédible. "Ce n'est qu'un pressentiment, mais je peux difficilement imaginer que quelqu'un avec une telle place au sein de l'Etat islamique (EI) soit 'l'homme au chapeau'", a-t-il déclaré samedi soir à l'agence Belga.
"Cela ne correspond au mode opératoire de l'EI, et je les suis depuis des années. Cette rhétorique ne s'inscrit pas dans l'ensemble", estime M. Van Ostaeyen.

"Je ne peux pas imaginer que quelqu'un avec une telle fonction au sein de l'EI va d'un coup déclarer 'cela s'est passé comme ça' et expliquer qu'il a vendu son chapeau, je n'y crois pas une minute." Il pense qu'il s'agit d'une couverture destinée à protéger le reste du réseau.