Panama Papers : "Nous pouvions supposer à l'époque que cela se faisait"

L'ex-Premier ministre Yves Leterme a assuré mardi, dans les colonnes du quotidien "De Morgen", qu'il n'était pas informé de la 'voie Panama' que Dexia organisait via le Luxembourg et des constructions avec des paradis fiscaux qui avaient été montées, lorsqu'en 2008, il fut impliqué dans le sauvetage de la banque. "Nous n'avions pas spécifiquement connaissance de ces Panama Papers. Mais nous pouvions à l'époque supposer qu'un certain nombre de banques systémiques belges organisaient de telles transactions pour leurs clients", a affirmé l'ex-chef de file du gouvernement fédéral.

Yves Leterme a précisé avoir demandé "immédiatement" à Jean-Luc Dehaene et Pierre Mariani, à l'époque respectivement président et CEO de Dexia, d'avoir une attention particulière pour d'éventuelles activités via des paradis fiscaux.

Il y a encore fait référence ultérieurement de temps à autre, sans insister davantage, partant du principe que les autorités compétentes comme l'inspection des impôts et la FSMA, l'Autorité des services et marchés financiers, feraient leur travail.

Yves Leterme a dit ne pas avoir à juger que l'inspection des impôts a failli dans sa tâche.

L'ex-Premier ministre ne se sent nullement responsable de ce qui remonte à présent à la surface. "Personnellement, je ne savais rien et en ce qui concerne ma responsabilité politique, nous avions une banque à sauver. Vous admettrez qu'avec le nombre d'heures dont nous disposions pour ce faire, nous n'avons pas pu vérifier dans les détails tout ce qui se passait chez Dexia.

La première priorité consistait à examiner la profondeur du trou et comment les produits toxiques pouvaient être interceptés", a-t-il commenté.

Yves Leterme occupe depuis juin 2014 le poste de secrétaire-général de l'organisation intergouvernementale IDEA pour la promotion de la démocratie et l'assistance electorale qui a son siège à Stokholm.